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Donner des responsabilités aux femmes, une clé pour le développement de l'Afrique

04/08/2014 07:24 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Un réunion de hauts responsables africains lundi à Washington s'est penchée sur le sort des femmes en Afrique et la nécessité de valoriser davantage les jeunes filles, un élément-clé en vue du développement du continent.

L'un des avis les plus pertinents émis lors de cette table ronde tenue dans le cadre du sommet USA-Afrique, pour lequel la plupart des chefs d'Etat africains ont été conviés à Washington, a été donné par la porte-parole de l'Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma: quand vous voulez aborder le sujet des femmes, ne parlez pas aux hommes de leur épouse, mais parlez-leur de leurs filles.

Après des discussions autour des programmes d'aides et les différentes initiatives traditionnelles prises pour aider à améliorer la condition des femmes, les participants ont également évoqué d'autres idées pouvant conduire à une évolution des mentalités sur un continent très ancré dans ses traditions.

Le bien-être mental est aussi important que le bien-être physique, et la société "devrait promouvoir cet aspect", a repris Mme Dlamini-Zuma, une médecin ancienne activiste anti-apartheid qui a notamment occupé les postes de ministre de la Santé et ministre des Affaires étrangères en Afrique du Sud.

"De petites choses peuvent faire la différence", a encouragé le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, soulignant le lien étroit entre les stéréotypes et les attentes qui en découlent.

"Par exemple un groupe de jeunes filles asiatiques a beaucoup mieux réussi un test de sciences lorsqu'on leur a rappelé qu'elles étaient asiatiques, alors qu'elles ont été moins performantes quand on leur a rappelé qu'elles étaient des filles", a-t-il noté.

-"Aimer était illégal"-

L'éducation, les micro-financements ou l'accès aux équipements agricoles en Afrique sub-saharienne ont été mis en avant comme des points cruciaux pour faire avancer la condition des femmes. En Afrique sub-saharienne celles-ci représentent en effet plus de 50% de la force de travail dans l'agriculture, mais elles ne sont que 3 à 20% propriétaires des terres agricoles.

"Quand nous valorisons les filles et les femmes nous maximisons la production, nous incitons à la création et nous nous plaçons en position de diriger", a acquiescé Valerie Jarret, une proche conseillère du président Barack Obama.

Mme Jarret a précisé que les dirigeants de cinq pays africains, Sierra Leone, Sénégal, Bénin, Maroc et Tunisie, se sont joints à Barack Obama pour participer au "Partenariat pour des futurs égaux", qui appelle les dirigeants à travers le monde à agir pour promouvoir la participation des femmes en politique.

Si la condition des femmes s'améliore en Afrique, il reste beaucoup à faire, ont convenu les participants à cette réunion.

Le président du Mali Ibrahim Boubacar Keita, élu en 2013 après une insurrection des touaregs et des islamistes qui ont conduit à une intervention militaire française, a dit que les femmes avaient le droit d'être représentées.

"A cette époque (lors du conflit dans son pays) les femmes ont beaucoup souffert au Mali, subissant des viols ou diverses violences", a-t-il rappelé en parlant des abus des islamistes. "Chanter ou porter des jeans était considéré comme quelque chose de mal. Ecouter autre chose que des musiques religieuses était criminel. Aimer était illégal. Vous pouviez être fouettée, lapidée..."

"Durant cette période les femmes ont été très dignes, elles se sont battues et elles ont refusé ces traitements qui leur étaient infligés, et donc elles méritent une meilleure vie", a encore lancé M. Keita.

Jill Biden, la femme du vice-président américain Joe Biden, l'une des principales oratrices de la réunion, a cité des chiffres effrayants en République démocratique du Congo, où 1.000 femmes sont violées chaque jour, dont 60% par plusieurs hommes à la fois.

Les histoires des survivantes "fendent le coeur", mais, a-t-elle dit, durant un récent voyage dans ce pays durement éprouvé, elle a vu les femmes "transformer quelque chose qui nous aurait toutes détruites (...) en une manière de s'aider les unes les autres".

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