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Chine: enquête sur deux Canadiens soupçonnés d'espionnage (média d'Etat)

04/08/2014 11:56 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

Les autorités chinoises enquêtent sur deux Canadiens soupçonnés d'espionnage, a annoncé mardi un média d'Etat, moins d'une semaine après qu'Ottawa a accusé Pékin de piratage informatique.

"Deux Canadiens font l'objet d'une enquête, pour le vol présumé de secrets d'Etat concernant des programmes de recherche de l'armée et de la Défense nationale chinoise", a indiqué Chine nouvelle.

L'agence officielle a rapporté les noms de ces deux Canadiens, Kevin Garratt et Julia Dawn Garratt, mais, hormis leur nationalité, n'a fourni aucun détail supplémentaire sur leur identité ou les faits dont ils sont soupçonnés.

La définition des "secrets d'Etat" est extrêmement large en Chine.

Dans le cas présent, l'enquête est conduite par le bureau de la Sécurité publique de Dandong, une localité de la province du Liaoning (nord-est) à la frontière avec la Corée du nord, a précisé Chine nouvelle.

Or, à Dandong, un café tenu par des Canadiens, baptisé "Peter's Coffee House", domine le fleuve Yalou séparant les deux pays, ainsi que le Pont de l'Amitié établi sur le cours d'eau.

Le Globe and Mail, un quotidien canadien, avait précisé dans un reportage publié l'an dernier que les propriétaires de cet établissement étaient Kevin et Julia Garratt, originaires de Vancouver.

La région de Dandong est considérée comme une zone militairement sensible pour la Chine. Le pont qui s'y trouve est une voie de communication cruciale pour le régime de Pyongyang, dont Pékin reste le principal allié et soutien économique.

Les appels téléphoniques au Peter's Coffee House restaient sans réponse mardi.

Le site internet du café précise que celui-ci se trouve "à seulement quelques mètres de la frontière avec la Corée du nord" et constitue donc "une étape parfaite sur la route du Royaume ermite".

"Nous sommes au courant des informations de presse selon lesquelles deux Canadiens font l'objet d'une enquête en Chine (...) et nous suivons de près les développements" de la situation, a réagi une porte-parole de l'ambassade du Canada à Pékin, interrogée par l'AFP.

L'annonce de cette enquête intervient moins d'une semaine après qu'Ottawa a accusé Pékin d'avoir orchestré le piratage d'un organisme public canadien spécialisé dans la recherche et les technologies.

La Chine a rejeté "ces accusations sans fondement", affirmant dans un communiqué de son ambassade au Canada qu'elle a "toujours fermement combattu les cyberattaques".

kgo-jug/jr

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