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Cellules Stap: un des protagonistes s'est pendu dans son institut de recherche

04/08/2014 11:36 EDT | Actualisé 04/10/2014 05:12 EDT

L'éminent chercheur japonais Yoshiki Sasai, un des protagonistes de l'affaire dite des cellules Stap qui agite le monde scientifique nippon, s'est pendu mardi sur son lieu de travail, a-t-on appris auprès de la police et de l'institut public Riken dont il était une figure.

D'après la police, il a laissé plusieurs lettres d'adieu.

Il a été découvert inanimé en début de matinée dans les locaux de l'institut à Kobe (ouest du Japon) et transporté à l'hôpital où son décès a été confirmé, a indiqué à l'AFP un porte-parole du Riken, sans donner plus de détails sur les circonstances du drame.

Personnalité japonaise du monde de la recherche cellulaire, ce professeur de 52 ans avait aidé Haruhiko Obokata, jeune directrice d'une unité de recherche du Riken, à mettre en forme les deux articles controversés sur la découverte et la création des cellules dites Stap, publiés fin janvier dans la prestigieuse revue britannique Nature.

Par la suite, diverses personnes avaient émis des doutes sur cette communication scientifique, ce qui avait conduit le Riken à diligenter une enquête. La commission a conclu à la contrefaçon d'images, et de facto remis en cause l'ensemble des éléments présentés.

La chercheuse, entretemps hospitalisée, a fait appel mais a été déboutée, et Nature a fini, avec le consentement soutiré à l'intéressée et l'approbation des 13 coauteurs, par retirer début juillet les articles en question.

M. Sasai, plus expérimenté que Mme Obokata, a participé à la mise en forme des articles. Il se trouvait à ses côtés lors de la première conférence de presse de présentation des travaux incriminés le 28 janvier, la veille de la parution de l'article dans Nature.

Il avait ensuite publiquement présenté ses excuses mi-avril, tout en jugeant possible l'existence des cellules Stap, des cellules revenues à un stade indifférencié par un procédé chimique nouveau. Elles sont en théorie capables d'évoluer ensuite pour créer différents organes et le cas échéant peuvent constituer une avancée importante pour la médecine régénérative.

De son côté, la jeune chercheuse continue à travailler au sein du Riken qui a choisi de l'associer à de nouvelles recherches pour tenter de confirmer l'existence des cellules Stap, dans une salle spécialement aménagée "sous surveillance par deux caméras 24 heures sur 24".

Cette affaire a jeté le doute sur nombre d'articles scientifiques japonais, sur fond de rivalités entre chercheurs. Le biologiste Sasai était parfois présenté comme un concurrent de Shinya Yamanaka, le créateur des cellules dites pluripotentes induites (iPS), une découverte majeure pour la recherche cellulaire qui lui a valu en 2012 le prix Nobel de médecine.

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