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Des rebelles syriens tuent 10 soldats libanais et en enlèvent 13 autres

03/08/2014 10:02 EDT | Actualisé 03/10/2014 05:12 EDT

BEYROUTH - Des rebelles syriens ont tué dix soldats libanais et revendiqué l'enlèvement de plus d'une dizaine d'autres lors d'un raid transfrontalier, l'un des pires incidents découlant de la guerre en Syrie à toucher le Liban voisin.

L'enlèvement, revendiqué dans une vidéo publiée dimanche sur Internet, fait craindre que le Liban soit davantage entraîné dans la guerre civile syrienne, qui alimente les tensions déjà vives entre les différentes communautés religieuses libanaises.

«Ce qui s'est produit aujourd'hui est plus grave que ce que certaines personnes imaginent», a déclaré devant les journalistes le chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwaji.

Alors que les violences faisaient rage dimanche, de nombreux civils tentaient de fuir la ville frontalière d'Arsal, qui compte 40 000 résidants et quelque 120 000 réfugiés syriens.

Les affrontements ont commencé samedi dans cette localité de l'est du Liban, à environ 90 kilomètres de Beyrouth. Les violences se poursuivaient dimanche autour de l'édifice municipal et d'un poste de contrôle militaire, a rapporté l'agence de presse libanaise. Des images diffusées par la télévision montraient des ambulances entrant à toute vitesse dans la ville et des soldats montant la garde en périphérie de la localité.

Le raid lancé samedi par les rebelles syriens est survenu quelques heures après que l'armée libanaise eut annoncé l'arrestation d'un citoyen syrien, Iman Ahmad Jomaa, qui s'est identifié comme un membre du Front al-Nosra, un groupe extrémiste lié à Al-Qaïda qui combat le régime de Bachar el-Assad en Syrie. L'agence de presse affirme qu'il a été arrêté lors de son transport à l'hôpital pour soigner des blessures subies en combattant les soldats syriens.

Le général Kahwaji a indiqué que les rebelles appartenaient à des groupes extrémistes sunnites, qu'il n'a pas nommés. Il a déclaré qu'au moins dix soldats avaient été tués dans les affrontements et que 13 autres étaient portés disparus.

«Ils pourraient être prisonniers de groupes terroristes», a-t-il affirmé.

Une vidéo mise en ligne à partir d'un compte associé au Front al-Nosra montre une dizaine de membres des forces de sécurité qui annoncent leur défection. Mais les hommes semblent inconfortables alors qu'ils répètent tour à tour une déclaration similaire, laissant croire qu'ils pourraient s'être exprimés sous la contrainte.

Quelques véhicules transportant des civils ont quitté Arsal dimanche, mais des milliers d'autres personnes étaient toujours bloquées dans la ville, a indiqué un résidant, Mohammed Ezeldeen, qui est parti à Beyrouth dans une voiture transportant 15 personnes.

«Beaucoup de gens ne peuvent pas s'enfuir à cause des affrontements autour du principal poste de contrôle», a-t-il affirmé lors d'une entrevue téléphonique.

Le maire adjoint de la localité, Ahmad Fliti, a déclaré que sept réfugiés syriens avaient été tués dimanche par un obus tombé sur un camp de tentes. Les responsables de l'ONU qui s'occupent des réfugiés syriens au Liban n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.

En Syrie, des tirs d'artillerie et des bombardements aériens dans la ville rebelle de Kafr Batna, près de la capitale, a fait au moins 15 morts dimanche, ont indiqué des militants de l'opposition. L'Observatoire syrien des droits de l'homme affirme que cinq autres personnes sont présumées mortes sous les décombres après deux frappes aériennes des troupes loyalistes ayant visé le marché de la ville.

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