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14-18: Liège en état de siège pour le 100e anniversaire de l'invasion de la Belgique

03/08/2014 10:00 EDT | Actualisé 03/10/2014 05:12 EDT

L'Europe commémore lundi à Liège (est) le 100e anniversaire de l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes en violation de la neutralité du royaume, un acte qui a précipité la grande guerre devenue mondiale par le jeu des alliances.

La ville a été placée en état de siège pour assurer la sécurité des 12 chefs d'Etat attendus, dont le roi Felipe VI d'Espagne, les présidents français et allemand, François Hollande et Joachim Gauck, et le prince William, représentant du Royaume Uni, accompagné de son épouse Kate.

L'Autriche, l'Arménie, l'Irlande, la Serbie, le Montenegro, la Roumanie, la Bulgarie et l'Albanie seront également représentés par leurs présidents. Quatre-vingt trois pays engagés dans la Grande Guerre ont été invités pour cette commémoration par le roi des Belges.

"Un événement avec un tel niveau de sécurité, c'est une première", a reconnu le maire de Liège Willy Demeyer.

Six cent cinquante policiers ont été déployés pour assurer les sites des cérémonies et les parcours empruntés par les cortèges. Des tireurs d'élite seront postés et deux hélicoptères veilleront dans le ciel. Une voiture espion a également été envoyée à Liège pour contrôler les immatriculations des véhicules.

L'envers de cette sécurité est une énorme frustration pour les habitants. Ils ont été interdits de cérémonie et les riverains ont été fermement priés de rester à l'intérieur de leurs maisons, fenêtres fermées.

"Certaines délégations exigent un niveau de sécurité très élevé et il vaut mieux éviter de provoquer leur susceptibilité", a expliqué le commandant Stephane Pelet, chargé de la direction des opérations.

Les cérémonies débuteront en fin de matinée au mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des alliés à la ville.

Le roi des Belges Philippe prononcera l'allocution d'ouverture. Le président Hollande, le président Gauck et le prince William prendront ensuite la parole. Les délégations se rendront ensuite au Palais provincial pour un déjeuner.

Le roi des Belges et son épouse Mathilde effectueront tous leurs déplacements en voiture et aucun contact avec la population n'est prévu. Les itinéraires empruntés par les cortèges ont été sécurisés depuis le week-end et tous les véhicules ont été enlevés.

Une seconde cérémonie, franco-belge, est ensuite prévue pour commémorer la Légion d'Honneur française, octroyée à la ville de Liège le 7 août 1914, trois jours seulement après l'invasion du territoire belge par les troupes allemandes.

Le prince Wiliam et son épouse auront pour leur part pris le chemin de Mons, à 136 kilomètres de Liège, pour une cérémonie dans le petit cimetière militaire de Saint-Symphorien. Ils retrouveront le Premier ministre David Cameron et le prince Harry. C'est dans ce cimetière que reposent le premier soldat britannique tué durant la grande Guerre et le dernier, tué le 11 novembre 1918, jour de l'armistice qui a mis un terme aux hostilités.

L'invasion de la Belgique le 4 août 1914 a déclenché les hostilités de la Première guerre mondiale. L'Allemagne a en effet violé la neutralité du petit Royaume pour prendre en tenaille les forces françaises et cet acte a été immédiatement suivi par l'entrée en guerre du Royaume-Uni.

Les garnisons et forts qui ceinturent Liège vont résister pendant plusieurs jours aux assauts de l'artillerie allemande, qui fera notamment usage pour la première fois de ses canons de 420 mm, les célèbres "Grosse Bertha".

La ville tombe le 16 août, mais sa résistance inattendue a retardé de quelques jours l'avancée d'une partie des forces allemandes, fournissant un petit répit précieux aux alliés français et britanniques.

Les forces allemandes se vengeront de cette résistance par des exactions qui coûteront la vie à quelque 6.500 civils et choqueront le monde occidental.

csg/jr

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