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Paris appelle Bakou à libérer une militante des droits de l'homme

02/08/2014 06:59 EDT | Actualisé 02/10/2014 05:12 EDT

La France, "préoccupée" par l'arrestation mercredi à Bakou de la militante des droits de l'homme Leyla Yunus, inculpée pour haute trahison, évasion fiscale et fraude, appelle les autorités d'Azerbaïdjan à la libérer, a indiqué samedi le ministère des Affaires étrangères.

"La France appelle les autorités azerbaïdjanaises à libérer Mme Yunus dont la santé est fragile. Elle appelle également au respect des droits de la défense, y compris l'accès sans entraves à un avocat", a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay Vincent Floréani.

Le président français François Hollande avait rencontré Mme Yunus lors de son déplacement en Azerbaïdjan en mai. "C'est une personnalité respectée pour son engagement en faveur des droits de l'homme. A ce titre, elle a été décorée de la légion d'honneur en 2013", a souligné M. Floréani.

Selon le parquet d'Azerbaïdjan, Leyla Yunus est accusée d'espionnage au profit de l'Arménie et d'avoir fait de la "propagande visant à faire reconnaître le régime du Nagorny Karabakh", une région séparatiste azerbaïdjanaise, revendiquée par l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Le Conseil de l'Europe a fait part vendredi aux autorités azerbaïdjanaises de sa "vive inquiétude" concernant le sort de Mme Yunus.

Celle-ci milite depuis plusieurs années avec des Arméniens en faveur de la réconciliation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le statut du Nagorny-Karabakh. Mais toute contestation publique du régime du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, 52 ans, provoque aussitôt, selon les ONG, une réaction sévère des autorités dans cette ancienne république soviétique riche en pétrole.

L'ONG Human Rights Watch a appelé jeudi à une libération immédiate de Leyla Yunus, en qualifiant toutes les accusations contre elle de "fausses" et visant à la "faire taire".

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