DIVERTISSEMENT

Osheaga 2014: Généreuse performance de Mac DeMarco

02/08/2014 09:07 EDT | Actualisé 03/08/2014 03:41 EDT
Osheaga

Contrairement à la très grande majorité des festivaliers de ce premier jour d’Osheaga 2014 qui a lieu dans l’île Sainte-Hélène, à Montréal, notre journaliste (Myriam Lefebvre et Patrick White sont également au festival) a passé la presque totalité de la journée du côté des plus petites scènes (des Arbres, de la Vallée, de la Rivière et Verte) exception faite d’une heure avec la jeune sensation Skrillex (Sonny Moore), qui a relevé le défi de réchauffer l’immense place principale pour l’arrivée des rappeurs d’Outkast (voir autre texte de la collègue Lefebvre).

Seul dans son espèce de vaisseau spatial, le DJ et compositeur de musique électro californien a lancé des bombes rythmiques assez efficaces, bien qu’il a eu la fâcheuse idée, surtout vers la fin, d’arrêter la musique à plusieurs reprises pour s’adresser à la foule. Au final, quelque 90 minutes pas mal intenses avec des projections et des éclairages dynamiques qui ajoutaient à l’effet d’une performance vitaminée à souhait.

Après une introduction éclatante du duo Outkast, il faillait traverser le parterre bondé de gens (certainement plus d’une trentaine de milliers de spectateurs) afin de rejoindre le déjanté et brillant chanteur-guitariste anglophone de 24 ans Mac DeMarco, qui se donnait en spectacle dans la mini-forêt sur la scène des Arbres. Évidemment, la bataille de popularité entre l’étoile montante canadienne et le groupe Outkast était perdue d’avance. Malgré tout, environ un millier de personnes se sont déplacées pour entendre son rock-décontracte-un-brin-absurde-qui-fait-un-bien-fou.

Après un départ difficile, notamment en raison des problèmes répétés de distorsion à la sonorisation, le chanteur, accompagné de trois musiciens (batterie, basse et guitare électrique), a offert une généreuse et bonne performance dans l’ensemble. Il a partagé quelques « vieux » morceaux et plusieurs pièces de son récent et respecté album Salad Days.

En plus de chanter et jouer de la guitare (ou encore du synthé), Mac DeMarco est un véritable amuseur de foule, tout comme le bassiste d’ailleurs qui ne manque aucune occasion pour faire le pitre. Tantôt Demarco lance quelques cris bien sentis, tantôt il a envoyé une blague absurde, tantôt il tire sur sa cigarette avec cet air gamin qui laisse à croire qu’il passera encore beaucoup d’années à s’amuser.

Lors d’un concert montréalais pas si lointain, DeMarco s’était retrouvé nu durant la soirée. Cette fois, l’artiste « s’est gardé une petite gêne » en se concentrant d’abord sur sa musique (Blue Boy, Cooking Up Something Good, Passing Out Pieces, Ode To Viceroy, Let Her Go, Let My Baby Stay, Rock and Roll Night Club, Chamber Of Reflection ou encore l’excellente Brother).

Mais bon, ce ne serait pas vraiment Mac DeMarco si ce dernier ne s’était pas au moins permis une petite période de crowdsurfing avant de revenir balancer d’une belle manière (voix très aiguë) les derniers mots de Still Together. Réussi.

Chromeo, London Grammar et Flume

Plus tôt en soirée, le duo montréalais (qui vit maintenant à New York) Chromeo était sur la scène Verte pour jouer leur musique électro-funk-disco très contagieuse. Devant une foule impressionnante (disons 10 000 personnes), les deux membres fondateurs David «Dave 1» Macklovitch et Patrick «P-Thugg» Gemayel ont offert plusieurs morceaux de l’album White Women, paru au printemps. Très accrocheuses, la plupart des chansons livrées durant ce spectacle très vivant ont touché la cible. Mentionnons Sexy Socialite, Frequent Flyer, Bonafied Lovin’, Over Your Shoulder et bien entendu, le canon de l’été Jealous (I Ain't With It).

Le matériel du récent album, plus que respectable, devient définitivement meilleur lorsqu’il est proposé en spectacle, comme l’ont prouvé ces centaines de festivaliers qui dansaient sur pratiquement toutes les pièces, le sourire étampé dans la face.

Le buzz est indéniable autour de la formation Chromeo.

Environ 90 minutes auparavant, sur la même scène, London Grammar (on dit du groupe anglais qu’il mélange les genres trip hop, melodica et pop), qui a fort étonné avec la sortie de son premier album If You Wait (septembre 2013), a livré une bonne performance. Malheureusement, bien que la très belle voix de Hannah Reid accompagnait à merveille les arrangements intelligents et délicats du guitariste Dan Rothman et du claviériste Dot Major, le niveau d’écoute n’était pas à son meilleur. Les rayons du soleil, ajoutés à l’impressionnante humidité dans l’air, en ont d’ailleurs découragé quelques-uns dans la foule.

Il faudrait définitivement que London Grammar revienne à Montréal dans une salle plus appropriée… Ce sera le cas en novembre, au Club Soda.

Parlant de déficit d’attention, il était désolant, quasiment aliénant de voir tous ces jeunes singes fanfarons grimpés dans les arbres et montés sur à peu près toutes les infrastructures possibles du parterre de la scène Piknic Électronik, à 19 h, pour Flume (Harley Edward Streten), le DJ et instrumentiste australien de musique électronique.

À vrai dire, ce n’est pas vraiment les fanfaronnades des gars torses nus dans la foule qui posaient problème, mais plutôt le manque évident d’espace pour assister de manière convenable à la performance d’un artiste qui vaut la peine d’être bien accueilli par les mélomanes montréalais. Or, ici, sur cette place archi paquetée de personnes fort distraites (textos, photos, parades, poses débiles, bouffe, bière, mal de cœur, frisbee dans la boue, party sans se rappeler quasiment où l’on est) c’était davantage bousculades, cris primaires et éclaboussures de ketchup!

Somme toute, les quatre premiers morceaux entendus nous ont convaincus de la nécessité de revoir Flume dans des dispositions qui, disons, pourraient maximiser l’appréciation de son travail. Viva Osheaga!

Osheaga 2014 Jour 2

Osheaga Jour 3

Osheaga 2014


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