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Libye: les parlementaires se réunissent à Tobrouk

02/08/2014 09:35 EDT | Actualisé 02/10/2014 05:12 EDT

BENGHAZI, Libye - Plus des trois quarts du Parlement libyen nouvelle élu s'est réuni pour la première fois, samedi, dans une ville choisie par un important politicien anti-islamiste, signalant sans doute une démarche contre les islamistes et les milices extrémistes, le tout dans la foulée des pires violences depuis la guerre civile de 2011.

Les parlementaires se sont rencontrés à Tobrouk, alors que des milices rivales s'affrontaient pour le contrôle de l'aéroport international dans la capitale, Tripoli, leurs tirs déclenchant d'autres incendies dans des dépôts de carburant. Pendant ce temps, dans la deuxième ville du pays, Benghazi, des forces loyales à un général renégat ont essuyé de dures pertes après que des milices islamistes eurent pris le contrôle de plusieurs bases de l'armée, s'emparant aussi de la ville.

Ces violences, qui ont fait plus de 200 morts et près de 900 blessés au cours de plusieurs semaines de combats, ont poussé les diplomates, des milliers de travailleurs étrangers et des Libyens à prendre leurs jambes à leur cou, en plus de représenter le plus grand défi sécuritaire pour un pays encore largement en guerre contre lui-même.

Samedi, 152 politiciens se sont réunis à Tobrouk (est), près de la frontière égyptienne. La présence de tant de membres du Parlement — tous élus comme indépendants — porte à croire que la plupart des parlementaires ne sont pas affiliés aux factions islamistes ayant dominé le Parlement intérimaire libyen, pas plus qu'ils n'appuient les campagnes des milices menées par des extrémistes islamiques à Tripoli ou Benghazi. La dernière session parlementaire fut le cadre de luttes politiques intestines, en plus d'attaques violentes au cours desquelles des politiciens ont été enlevés, et le Parlement lui-même a été assiégé.

Abu Bakr Baiera, le parlementaire anti-islamiste qui a présidé la session de samedi, dit avoir choisi Tobrouk après que Benghazi est tombée entre les mains des extrémistes. Ce faisant, il défie le président du Parlement sortant, Nouri Abu Sahmein, un pro-islamiste, qui voulait plutôt organiser le tout à Tripoli.

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