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La bande de Gaza sous le feu d'Israël lancé à la recherche d'un des siens

02/08/2014 05:20 EDT | Actualisé 02/10/2014 05:12 EDT

Des dizaines de personnes ont à nouveau été tuées samedi dans la bande de Gaza soumise au bombardement de l'armée israélienne engagée dans le combat contre le Hamas et à la recherche d'un de ses soldats porté disparu.

Vingt-quatre heures après qu'une illusion de cessez-le-feu eut volé en éclats, les chances d'une trêve paraissaient plus éloignées que jamais dans un conflit qui a fait plus de 1.600 morts palestiniens depuis le 8 juillet.

Une délégation palestinienne était attendue samedi au Caire pour de nouvelles discussions. Les Israéliens ne devraient eux pas décider avant samedi soir s'ils reprennent des négociations, a indiqué à l'AFP un responsable sous couvert de l'anonymat.

Pour Israël, il ne s'agit plus seulement, comme au début de l'opération "Bordure protectrice", de réduire le danger représenté par le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza. Depuis vendredi, l'armée s'emploie aussi à retrouver un sous-lieutenant de 23 ans.

Selon elle, Hadar Goldin a probablement été capturé par l'ennemi vendredi matin près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Pour Israël, la capture d'un de ses soldats est le casus belli par excellence.

Le sort de Hadar Goldin ne détourne pas de ses opérations une armée qui a frappé 200 cibles au cours des dernières 24 heures: tunnels, fabriques d'armes, dépôts, centres de commandement, a indiqué son porte-parole Peter Lerner. Mais, simultanément, elle fouille le secteur de Rafah à la recherche du soldat, a-t-il dit.

Hadar Goldin aurait été emmené dans un tunnel, a-t-il dit. "Nous ne savons pas quel sort est le sien", a-t-il dit. L'armée ne parle pas formellement d'enlèvement puisque "personne ne l'a revendiqué", a-t-il dit.

La branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a assuré ne pas disposer d'informations sur le soldat, tout en revendiquant l'implication de ses combattants dans l'embuscade qui se serait soldée par sa capture. Pour elle, le soldat a peut-être été tué en même temps que des combattants des brigades.

C'est à la suite de la disparition du sous-officier que le feu s'est à nouveau déchaîné sur la bande de Gaza vendredi, pulvérisant moins de deux heures après son entrée en vigueur le premier cessez-le-feu accepté conjointement par les belligérants.

- Une famille décimée -

Depuis samedi 0H00 locales, 57 personnes ont été tuées sous les bombes rien que dans les environs de Rafah, selon les secours locaux. Depuis l'échec du cessez-le-feu, au moins 114 personnes ont péri dans le secteur, a dit à l'AFP le porte-parole, Ashraf al-Qodra. Quinze des victimes, dont cinq enfants de 3 à 12 ans, appartenaient à la même famille. Des centaines de maisons ont été détruites.

La guerre en cours dans un territoire densément peuplé, ravagé et asphyxié, a coûté la vie à 1.654 Palestiniens, très majoritairement des civils, selon M. Qodra. Côté israélien, 63 soldats et 3 civils ont été tués.

Samedi matin, l'aviation israélienne bombardait la ville de Gaza et ses alentours, selon des journalistes de l'AFP. Une mosquée a été détruite à Jabalia (nord), et des maisons réduites en ruines en bordure de la plage de Gaza.

"Vers 5H00 du matin, un F-16 a bombardé les maisons ici. Tout est détruit. Il y a eu des blessés mais pas de morts", a dit sur place Mahmoud Abou Issa, 58 ans, père de 10 enfants. La frappe a creusé un cratère dans ce pâté de maisons devenu un enchevêtrement de béton, d'acier, de chaises en plastique, duquel les habitants tentaient d'extirper quelques objets.

"Les Israéliens détruisent tout ce que nous avons et la communauté internationale ne fait rien", ajoute Mahmoud Abou Issa.

Côté israélien, le système de défense antimissiles Iron Dome a intercepté deux roquettes tirées sur Tel-Aviv et une autre sur Beersheva (sud), a indiqué l'armée.

- Une trêve "très difficile" -

C'est précisément pour faire cesser ces tirs de roquettes, et pour détruire les réseaux de souterrains permettant aux combattants palestiniens de porter la menace sur le territoire israélien qu'Israël est à nouveau entré en guerre le 8 juillet.

Le président américain Barack Obama, dont le pays est le principal allié d'Israël, a réaffirmé vendredi le droit d'Israël à se défendre. Lui et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ont clairement remis en question la crédibilité du Hamas, commanditaire ou non de la capture de Goldin, après l'éclatement du cessez-le-feu, et ont réclamé la libération du sous-officier.

Le Congrès américain a approuvé vendredi le versement en urgence de 225 millions de dollars pour réapprovisionner en missiles le système Iron Dome, une mesure soumise à l'approbation de M. Obama.

M. Obama a dénoncé les agissements "incroyablement irresponsables" du Hamas, mais aussi affirmé à l'attention d'Israël la nécessité de veiller davantage à ce que les populations civiles soient épargnées.

Mais l'obtention d'une nouvelle trêve sera "très difficile (...) si les Israéliens et la communauté internationale ne peuvent pas avoir confiance" dans les engagements du Hamas, a-t-il dit.

Une délégation palestinienne composée de représentants du Hamas, de son allié le Jihad islamique et du Fatah est néanmoins attendue au Caire samedi après-midi pour tenter de relancer l'effort de pause dans les combats.

Ces discussions prévues avec des médiateurs égyptiens et associant les Américains étaient programmées vendredi et devaient permettre de capitaliser sur le cessez-le-feu pour parvenir à une trêve durable. Mais elles ont été différées avec les événements de Rafah.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a estimé samedi que le plan égyptien représentait une "réelle chance" pour mettre fin au conflit.

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