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Irak: cinq sites disputés entre les jihadistes et leurs adversaires

02/08/2014 07:56 EDT | Actualisé 02/10/2014 05:12 EDT

Les jihadistes du groupe ultra-radical de l'Etat islamique (EI) et leurs alliés sunnites se sont emparés de larges pans de territoire au nord de Bagdad depuis le début de leur offensive le 9 juin.

L'EI est bien décidé à étendre encore plus son "califat" mais se heurte sur le terrain à la résistance de différentes forces armées. Voici cinq exemples:

- RAFFINERIE DE BAÏJI:

Où: 200 km au nord de Bagdad.

Qui: les Forces spéciales irakiennes.

La principale raffinerie d'Irak, qui fournissait avant l'offensive jusqu'à un tiers du pétrole du pays, est aujourd'hui à l'arrêt, assiégée depuis des semaines par les jihadistes. Les forces spéciales irakiennes chargées de défendre l'installation -- cruciale pour les ressources de l'EI -- semblent isolées dans leur lutte contre les insurgés.

Les combats y ont déclenché un immense incendie jeudi mais, en dépit de plusieurs assauts et déclarations des jihadistes, les forces gouvernementales n'ont jamais totalement perdu le contrôle de la raffinerie et continuent de résister.

- AMERLI:

Où: 160 km au nord de Bagdad.

Qui: les combattants turcomans, l'armée irakienne et des volontaires chiites.

L'EI encercle depuis six semaines cette ville turcomane où des milliers d'habitants, pris au piège, ont pris les armes pour se défendre.

L'électricité et l'eau potable sont coupées à Amerli depuis plusieurs jours et, selon les résidents, une catastrophe humanitaire y est imminente. L'armée, rejointe par des volontaires chiites, a tenté de briser le siège jihadiste, mais reste pour l'instant bloquée au sud de la ville.

- JALAWLA

Où: 130 km au nord-est de Bagdad.

Qui: les forces kurdes Peshmergas.

Jalawla fait partie des zones disputées entre Bagdad et la région autonome du Kurdistan où les Peshmergas sont entrés après le retrait de l'armée face à l'avancée des insurgés aux premiers jours de l'offensive.

La ville, au sud du Kurdistan irakien, est le théâtre de combats quasi-quotidiens qui ont coûté la vie à des dizaines de combattants Peshmergas. Les Kurdes, manquant de moyens financiers et donc d'armes et de renforts suffisants, n'ont pas réussi à asseoir leur contrôle sur la ville.

- DOULOUIYA:

Où: 90 km au nord de Bagdad.

Qui: la police et des combattants tribaux sunnites.

Localité clé pour la progression des jihadistes vers la capitale, Doulouiya a été attaquée à plusieurs reprises par l'EI, où ses positions varient d'un jour à l'autre. Une tribu sunnite alliée du gouvernement résiste notamment dans un secteur sud de la cité.

Les combats y sont féroces, car les insurgés ont coupé une voie de sortie en faisant sauter un pont sur le Tigre, et les combattants tribaux, anciens alliés des Américains et aujourd'hui du régime du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, savent qu'ils seront probablement exécutés en masse s'ils se rendent.

- JOURF AL-SAKHR

Où: 50 km au sud-ouest de Bagdad.

Qui: l'armée irakienne et des milices chiites.

Cette petite ville stratégiquement située sur l'Euphrate, sur une route reliant des bastions insurgés dans l'ouest à des villes saintes chiites au sud de Bagdad, a été le théâtre de combats incessants depuis le début de l'offensive. Dix-sept soldats y ont été tués pendant la seule journée de vendredi.

Utilisant la ville voisine de Fallouja, qu'ils contrôlent depuis janvier, comme d'une base arrière, les insurgés affrontent à Jourf al-Sakhr des forces pro-gouvernementales. S'ils réussissent une percée, les jihadistes se rapprocheront de la ville sainte chiite de Kerbala et resserreront leur étau autour de la capitale en coupant la route principale en direction du sud.

jmm/emb/vl

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