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Une députée somalienne et célèbre chanteuse tuée par les shebab

23/07/2014 11:43 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

Une députée somalienne et chanteuse célèbre, Sado Ali Warsame, a été abattue mercredi dans la capitale Mogadiscio, en même temps que son chauffeur, par des insurgés islamistes shebab.

Des tireurs en voiture ont ouvert le feu sur le véhicule transportant Sado Ali Warsame dans un quartier du sud de la capitale, selon des témoins. Elle est le quatrième parlementaire tué depuis les début de l'année en Somalie et le deuxième abattu depuis le début du mois.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont revendiqué son assassinat, affirmant l'avoir tuée uniquement en raison de sa position. "Qu'elle chantait ou non n'est pas notre problème", a déclaré à l'AFP le porte-parole militaire du groupe, Abdulaziz Abu Musab.

"Tous les députés sont condamnés à mort à moins qu'ils n'abandonnent leur mandat", a-t-il averti. "Nous avons l'intention de tuer tous les autres députés et responsables du gouvernement à chaque fois que nous en aurons l'opportunité", a-t-il ajouté.

Les islamistes somaliens ont déjà menacé à plusieurs reprises de tuer "un par un" les députés somaliens, accusés d'être des "mécréants servant les intérêts de l'étranger".

"Nous avons été informés que la députée Sado Ali Warsame avait été tuée avec son chauffeur par des tireurs non identifiés. Nous n'avons pas de détails dans l'immédiat", a déclaré à l'AFP un responsable de la police, Mohamed Hassan.

Un témoin, Abdukardir Ali, a indiqué avoir "vu les tireurs dans une voiture qui suivait la députée avant qu'ils n'ouvrent le feu sur son véhicule". "Elle est morte sur le coup et les tireurs ont pris la fuite".

Sado Ali Warsame avait été investie députée en août 2012 au sein d'une Chambre désignée par un collège de chefs coutumiers.

Figure de la musique somalienne, chanteuse et parolière, elle avait commencé sa carrière vers 1975 et était devenue une idole de nombreuses familles somaliennes.

Ses critiques virulentes du régime autoritaire de Siad Barre lui vaudront d'être emprisonnée à deux reprises à cette époque. Après la chute de Siad Barre en 1991, qui avait précipité le pays dans le chaos et la guerre civile entre clans, elle s'était fait la voix de l'unité du pays.

Chassés de Mogadiscio puis de l'essentiel de leurs bastions depuis 2011, les shebab, qui contrôlent toujours de larges zones rurales, ont multiplié récemment les attaques contre les institutions somaliennes.

Le palais présidentiel a été attaqué début juillet et en février, et le Parlement a été également ciblé.

Le 3 juillet, le député Ahmed Mohamud Hayd avait été abattu près du port de Mogadiscio.

Le 22 avril, son collègue Abdiaziz Isak Mursal avait été lui aussi tué par balles, au lendemain de la mort d'un autre député Isak Mohamed Ali, tué dans l'explosion d'une bombe fixée à sa voiture, qui avait également grièvement blessé un autre parlementaire Mohamed Abdi.

Les shebab avaient promis d'intensifier leurs attaques pendant le mois musulman de ramadan.

Ils ont également revendiqué récemment une série d'attaques meurtrières dans des pays voisins engagés en Somalie au sein de la force africaine Amisom, ciblant surtout le Kenya.

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