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Un jeune Canadien est accusé d'avoir joint le djihad en Syrie

23/07/2014 05:05 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

VANCOUVER - Un homme de la Colombie-Britannique a été accusé en vertu d'une nouvelle loi antiterroriste pour avoir apparemment quitté le pays afin de se joindre à des combattants islamistes en Syrie.

C'est la première fois que l'on invoque la nouvelle disposition du Code criminel pour combattre le terrorisme, selon le caporal David Falls, de la Gendarmerie royale du Canada.

Selon la police fédérale, Hasibullah Yusufzai, âgé de 25 ans, est accusé d'avoir commis une infraction pour un groupe terroriste, d'avoir été dirigé par un tel groupe ou d'y être associé.

«L'individu se serait rendu en Syrie pour se joindre à des combattants islamistes», a déclaré la GRC par communiqué.

Le jeune homme aurait quitté le Canada le 21 janvier dernier.

La GRC estime que «cette affaire met en lumière le fait qu'il existe des individus, au Canada, qui ont adopté l'idéologie extrémiste et qui sont prêts à passer à l'acte».

«Plus important encore, elle met en lumière le fait qu'il existe de nouveaux outils dans le Code criminel pour aider la GRC à contrer les activités terroristes.»

Une femme ayant répondu au téléphone au domicile de Yusufzai, à Burnaby, a affirmé qu'il n'était pas à la maison, avant d'ajouter qu'elle ne parlait pas anglais.

Un voisin, Nasir Ahmad-Ali, a quant à lui déclaré qu'il n'avait pas vu Yusufzai depuis près d'un an. Il a raconté que le jeune homme se faisait appeler Hasib, qu'il semblait se déplacer souvent et qu'il vivait par moment avec sa copine.

Avant de perdre contact avec lui, M. Ahmad-Ali avait passé du temps avec Yusufzai, avec qui il avait «fumé du cannabis et des cigarettes et bu de l'alcool parfois».

M. Ahmad-Ali, qui a cohabité avec l'accusé pendant sept ans, a dit croire que celui-ci avait passé la majeure partie de son enfance dans la région et qu'il travaillait au centre commercial voisin.

«Il était correct, c'était un très bon gars», a-t-il ajouté, se disant surpris par les accusations.

«Ce n'était pas ce genre de personne, en fait, pour être honnête. Il n'était pas religieux.»

Les parents de Yusufzai habitaient tout près et il avait deux frères, selon M. Ahmad-Ali.

L'un d'eux, Roh Yusufzai, a déclaré au Globe and Mail que Hasibullah ne se trouvait pas en Syrie, qu'il était en fait en Turquie pour le mois du ramadan, et qu'il serait incapable de se joindre à un groupe terroriste ou de faire preuve de violence.

Les agents de la GRC ont déclaré travailler sur ce dossier en compagnie de partenaires internationaux.

Par communiqué, le corps policier s'est dit «inquiet au sujet de Canadiens qui se rendent à l'étranger pour participer à des activités criminelles liées au terrorisme».

Il a indiqué que la lutte contre la radicalisation menant à la violence dépend également du public, qui doit aider les policiers en rapportant toute activité suspecte ou illégale.

Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité, Michel Coulombe, a déclaré à un comité du Sénat, en février dernier, que 130 Canadiens soutiennent des activités de groupes extrémistes à l'étranger. M. Coulombe a précisé qu'au moins 30 d'entre eux travaillent en Syrie.

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