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Un détenu en Arizona meurt près de deux heures après le début de son exécution

23/07/2014 04:50 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

FLORENCE, États-Unis - Un détenu condamné à mort a râlé et grogné pendant plus de 90 minutes lors de son exécution avant de finalement rendre son dernier souffle, mercredi, ont fait savoir ses avocats, au terme d'un épisode qui risque d'accentuer le débat entourant la peine de mort aux États-Unis.

Le bureau du procureur général de l'Arizona, Tom Horne, a confirmé que Joseph Rudolph Wood a été déclaré mort à 15 h 49, soit une heure et 57 minutes après le début de son exécution.

Les avocats de Wood avaient déposé une requête d'urgence en appel à une cour fédérale, pendant que se déroulait l'exécution, demandant que celle-ci soit interrompue. La requête en appel affirmait que Wood «râlait et grognait depuis plus d'une heure».

La nouvelle confirmant que le juge Anthony Kennedy avait rejeté l'appel a été rendue publique environ une demi-heure après le décès du détenu.

Wood, 55 ans, a râlé plus de 600 fois avant de décéder. Dale Baich, l'avocat de la Défense, a déclaré qu'il s'agissait d'une exécution avortée qui aurait dû prendre dix minutes.

«L'Arizona semble s'être joint à plusieurs autres États qui sont responsables d'une horreur tout à fait évitable — une exécution avortée, a déclaré Me Baich. La population devrait tenir ses officiels responsables et demander que cette procédure devienne plus transparente.»

Les membres de la famille des victimes ont dit n'avoir aucune objection quant à la façon dont l'exécution s'est déroulée.

«Cet homme a perpétré un meurtre horrible et vous, vous êtes là à dire 'penchons-nous sur les drogues', a lancé Richard Brown. Pourquoi ne lui ont-ils pas donné une balle d'arme à feu, pourquoi ne lui avons-nous pas donné du Drano?».

Wood a regardé en direction des membres de la famille des victimes, au moment de prononcer ses dernières phrases, affirmant qu'il était reconnaissant de pouvoir compter sur Jésus-Christ comme sauveur. À un certain moment, il leur a souri, ce qui les a mis en colère.

«Je me réconforte à l'idée que ma douleur cessera aujourd'hui, et j'ai prié pour qu'un jour vous puissiez trouver la paix dans vos coeurs. Que Dieux vous pardonne tous», a déclaré Wood.

Deux exécutions menées récemment dans d'autres régions du pays avaient relancé le débat sur la peine de mort aux États-Unis, dont une survenue en janvier, en Ohio, où le détenu a râlé et grogné pendant l'intervalle de 26 minutes qui s'est écoulé avant de rendre l'âme. En Oklahoma, un détenu a succombé à une crise cardiaque quelques minutes après que des responsables de la prison eurent cessé l'exécution parce que les drogues n'étaient pas administrées correctement.

Les autorités carcérales de l'Arizona se servent des mêmes drogues — le midazolam, un sédatif, et l'hydromorphone, un analgésique — qui ont été employées dans l'exécution en Ohio. Une combinaison différente a été utilisée dans l'exécution en Oklahoma.

En fin de semaine, une cour d'appel fédérale des États-Unis avait accepté la requête de Wood qui demandait que soit retardée son exécution jusqu'à ce que les autorités de la prison donnent des détails sur la combinaison de deux drogues qui devaient être utilisées.

Cette injonction préliminaire, accordée par le neuvième circuit de la cour d'appel des États-Unis, venait renverser un jugement d'une instance fédérale inférieure.

Tôt mercredi, Wood a perdu un premier appel auprès de la Cour suprême des États-Unis. Puis, la Cour suprême de l'État de l'Arizona a retardé l'exécution, qui devait avoir lieu mercredi matin, pour étudier une requête selon laquelle Wood avait été mal représenté lors du prononcé de la sentence. Environ une heure plus tard, la plus haute cour de l'État autorisait la tenue de l'exécution, et des responsables de la prison ont alors demandé aux témoins de retourner dans la chambre à exécution à 13 h, heure locale.

Wood a été exécuté en lien avec les meurtres par balle de Debra Dietz, 29 ans, et de son père, Eugene Dietz, dans un garage de mécanique automobile à Tucson, en 1989.

Wood et Dietz avaient été impliqués dans une relation houleuse, pendant laquelle Wood l'a agressée sur une base régulière. Mme Dietz a tenté de mettre un terme à la relation et s'est vu accorder une ordonnance de protection contre Wood. Le jour des meurtres, Wood s'est rendu au garage et a attendu que le père de Mme Dietz, qui s'opposait à leur relation, mette fin à une conversation téléphonique.

Une fois que M. Dietz a raccroché le téléphone, Wood a sorti un revolver, l'a atteint d'une balle à la poitrine et a souri. Par la suite, il a s'est concentré sur Mme Dietz, qui téléphonait pour obtenir de l'aide. Wood l'a saisie par le cou et a placé son revolver sur sa poitrine. Elle l'a supplié de la garder en vie. Un employé a entendu Wood dire: «Je t'ai dit que je le ferais, je dois te tuer». Il l'a ensuite insultée avant de tirer deux coups de feu dans sa poitrine.

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