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Tragédie de L'Isle-Verte: la municipalité poursuivie pour 3,8 millions $ (VIDÉO)

23/07/2014 04:37 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les propriétaires de la résidence du Havre, détruite par un incendie qui a fait 32 victimes l'hiver dernier, poursuivent la municipalité de L'Isle-Verte pour 3,8 millions $ en raison d'«erreurs lourdes et grossières» ayant alourdi le bilan de la catastrophe.

Représentés par l'avocat Guy Bertrand, de Québec, Roch Bernier, Irène Plante et leur assureur reprochent à la petite municipalité du Bas-Saint-Laurent d'avoir commis une dizaine d'erreurs, qui, selon eux, «ont entraîné une catastrophe humaine qui aurait pu être évitée ou, au minimum, avoir moins d'ampleur».

«Les préposés de la municipalité (...) ont, omis de poser (...) les gestes qu'il était de leur devoir d'accomplir pour pareille catastrophe, faisant ainsi preuve d'une insouciance démesurée et téméraire à l'égard de la vie d'autrui, particulièrement celle des personnes âgées dans la résidence du Havre», est-il écrit.

Leur requête, déposée mercredi devant la Cour supérieure du Québec, avance qu'aucun plan d'urgence n'avait été mis en place par les responsables malgré les demandes répétées de M. Bernier depuis cinq ans.

«Ce manque de planification (...) a fait en sorte que les préposés de la municipalité ont improvisé (...) et commis des fautes lourdes et grossières», est-il écrit dans la requête.

M. Bernier et Mme Plante allèguent également qu'un seul camion incendie est arrivé sur les lieux du sinistre dans les 15 premières minutes, que «plusieurs minutes additionnelles» se sont écoulées avant l'arrivée d'un autre camion et que les effectifs étaient insuffisants.

Par ailleurs, selon la poursuite, les camions dépêchés sur les lieux de l'incendie n'étaient pas équipés d'échelles adéquates pour permettre le sauvetage des personnes qui se trouvaient dans la résidence pour aînés. Les pompiers volontaires n'auraient pas eu le matériel adéquat pour prodiguer les soins d'urgence.

Le document laisse également entendre que des tensions entre le Service d'incendie de L'Isle-Verte et celui de Rivière-du-Loup — mieux équipé pour faire face à ce genre de situation — ont contribué au manque de planification évoqué par M. Bernier et Mme Plante.

«Ils (les responsables) ont plutôt, et tardivement, demandé l'aide de municipalités voisines comme Saint-Éloi, Trois-Pistoles, Cacouna, Saint-Paul Lacroix, Saint-Arsène, au surplus, moins bien équipées que Rivière-du-Loup ou Rimouski», peut-on lire.

Le montant réclamé comprend les dommages causés à la résidence du Havre, ceux à l'intégrité physique et psychologique des plaignants — qui, selon eux, sont toujours ressentis — ainsi que l'hypothèque.

M. Bernier et Mme Plante disent souffrir de stress post-traumatique, d'un sentiment d'impuissance face à l'ampleur de la tragédie et de troubles du sommeil, notamment.

Me Bertrand a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de commenter davantage la poursuite. Du côté de L'Isle-Verte, personne n'a répondu aux appels logés par La Presse Canadienne.

La résidence pour aînés de 52 logements était partiellement équipée d'un système de gicleurs qui se trouvaient principalement dans la section de l'édifice qui a été épargnée par les flammes.

La cause du sinistre n'a toujours pas été identifiée par les enquêtes de la Sûreté du Québec et du Bureau du coroner.

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