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L'ONU déclare une «forte possibilité» de crimes de guerre au Proche-Orient

23/07/2014 01:32 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

GENÈVE - La plus haute responsable des droits de l'homme aux Nations unies a exhorté Israël et le Hamas à stopper la mort de civils, affirmant que de telles attaques pourraient constituer des crimes de guerre.

L'avertissement de la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, est survenu lors d'une session spéciale de la plus haute instance de l'ONU en matière de droits de l'homme, qui a voté dans une proportion de 29-1 afin de permettre à une commission d'enquête internationale d'enquêter sur des allégations d'abus depuis le milieu de juin dans la bande de Gaza.

Seuls les États-Unis ont voté contre la résolution, mise de l'avant par des nations arabes.

Du groupe des 47 pays membres du Conseil des droits de l'homme, 17 autres se sont abstenus, dont toutes les nations européennes et le Japon.

Dans un communiqué du ministre des Affaires étrangères John Baird, le Canada n'a pas caché «sa frustration et profonde déception» face à cette résolution.

Selon M. Baird, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, dans lequel le Canada joue un rôle d'observateur mais sans droit de vote, a «décidé d'ignorer totalement les actes terroristes odieux du Hamas».

«Cette résolution ignore totalement ce qui se passe sur le terrain et du fait qu'il n'y ait qu'un seul responsable de la souffrance du peuple palestinien, soit le groupe terroriste international Hamas», a affirmé M. Baird.

«Le Hamas continue de tirer des roquettes à l'aveugle sur les collectivités israéliennes, semant la terreur chez des millions d'Israéliens, a ajouté M. Baird. Comme tout autre État souverain des Nations unies, Israël a le droit absolu et le devoir fondamental de protéger ses citoyens.»

De son côté, Israël a déclaré que la décision du conseil de mener une enquête sur son rôle dans le conflit envoyait le message aux groupes extrémistes partout dans le monde que l'utilisation de «boucliers humains» — qu'il accuse le Hamas d'utiliser — se voulait une «stratégie efficace».

«Le Conseil des droits de l'homme doit commencer à enquêter sur la décision du Hamas de transformer des hôpitaux en bases de commandement et des écoles en sites d'entreposage d'armes, et de poser des batteries de roquettes près de terrains de jeu, résidences privées et mosquées», a réagi le bureau du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, dans un communiqué.

Plus tard mercredi, le secrétaire-général de l'ONU s'est dit «alarmé» d'apprendre que des roquettes avaient été placées dans une école de l'ONU dans la bande de Gaza et qu'elles ont «ensuite disparu», et a demandé une révision complète de tels incidents.

Dans un communiqué publié mercredi, le porte-parole de Ban Ki-moon a fait part de «l'indignation» du chef des Nations unies face à cette situation.

«Ceux qui sont responsables transforment des écoles en cibles potentielles militaires, et mettent en danger les vies d'innocents enfants», mentionne le communiqué.

La déclaration officielle demande aussi que les groupes militants cessent de faire de tels gestes et qu'ils soient tenus responsables pour avoir mis en danger la vie de civils.

Le communiqué ne précise pas le nombre ni la sorte de roquettes, pas plus que le lieu où se trouve l'école, qui est dirigée par l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.

La semaine dernière, à la suite d'une vérification de routine, l'Office a révélé avoir découvert environ 20 roquettes cachées dans l'une de ses écoles vacantes de Gaza, et demandé aux militants de respecter la «sainteté et l'intégrité» des propriétés de l'ONU. L'Office a ajouté qu'il s'agissait du «premier incident du genre à Gaza».

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a affirmé mercredi qu'environ les trois quarts de plus de 650 Palestiniens et 30 Israéliens tués dans les récents combats étaient des civils, et que des milliers d'autres ont été blessés. Le bilan inclut 147 enfants tués à Gaza au cours des 16 derniers jours, a-t-elle indiqué lors d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme.

Mme Pillay a fait état d'une frappe de missile d'un drone israélien à Gaza ayant tué trois enfants et blessé deux autres alors qu'ils jouaient sur le toit de leur maison. Elle a aussi fait référence à un raid israélien et un obus des forces navales ayant causé la mort de quatre enfants de la même famille sur une plage de Gaza.

La Haut-Commissaire des Nations unies a parlé d'une «forte possibilité» que le droit international humanitaire a été violé, de manière à constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Elle a appelé à ce que chacun de ces «incidents» fasse l'objet d'une enquête approfondie et indépendante.

Mme Pillay a souligné que, depuis qu'Israël a annoncé l'opération militaire «Coussin de protection», le 7 juillet, la bande de Gaza a été soumise à un «bombardement intensif quotidien» depuis les airs, la terre et la mer, dont plus de 2100 frappes aériennes.

La haute responsable a affirmé qu'il était «impératif» qu'Israël, le Hamas et tous les groupes armés palestiniens respectent strictement le droit international humanitaire et des droits de l'homme.

«Le respect du droit à la vie des civils, y compris les enfants, doit être une considération primordiale. Le non-respect de ces principes peut constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité», a-t-elle déclaré.

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