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En deuil, les Pays-Bas accueillent les premiers morts du vol MH17

23/07/2014 10:26 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

Les premières dépouilles des victimes du vol MH17 sont arrivées aux Pays-Bas mercredi après-midi, près d'une semaine après le drame qui a coûté la vie à 298 personnes, et ont été accueillies par le couple royal et les proches à l'aéroport d'Eindhoven.

Pour marquer l'arrivée des premiers corps, les cloches des églises ont sonné à travers tout le pays, où une journée de deuil national a été décrétée.

Les clairons militaires ont également retenti sur le tarmac en hommage aux victimes, dont 193 étaient néerlandaises et une minute de silence a été observée.

Signe des tensions dans le pays où l'avion s'est écrasé, dans l'est de l'Ukraine deux avions de chasse ukrainiens ont été abattus par les rebelles prorusses, selon Kiev, peut-être non loin du lieu du crash de l'appareil de la Malaysia Airlines.

Environ un millier de proches ou de membres des familles des victimes, le couple royal néerlandais et le Premier ministre Mark Rutte étaient présents sur le tarmac pour accueillir l'appareil de l'armée néerlandaise, qui transportait 16 cercueils, et un avion australien, qui en contenait 24 autres.

- 1.000 proches et familles présents -

Près d'une semaine après le drame, les 40 premiers cercueils en bois étaient partis dans la matinée par avion de l'aéroport de Kharkiv, ville dans l'est de l'Ukraine sous contrôle du gouvernement de Kiev.

Après l'atterrissage des deux avions, les cercueils seront emmenés, dans une longue procession de corbillards, vers la base militaire d'Hilversum, où le processus d'identification commencera.

Sur les 100 kilomètres entre l'aéroport d'Eindhoven et Hilversum, les autoroutes ont été fermées afin de permettre au cortège funèbre de passer.

Trains et trams sont également à l'arrêt tandis qu'à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, d'où le vol MH17 avait décollé, les avions ne dvaient ni décoller ni atterrir pendant une minute.

Ce jour de deuil est le premier depuis la mort en 1962 de la reine Wilhelmina, qui avait régné pendant les deux guerres mondiales.

Selon Tony Abbott, le Premier ministre de l'Australie, dont 28 citoyens sont décédés dans le drame, de nombreux corps seraient encore sur place "en plein air", exposés "aux ravages de la chaleur et des animaux".

"Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver les responsables de cette tragédie (...) et les punir. La Russie pour nous est responsable", a lancé le vice-Premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman sur le tarmac de l'aéroport de Kharkiv.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, va repartir pour l'Ukraine jeudi soir en compagnie de son homologue australienne, Julie Bishop, afin de discuter avec Kiev du "rapatriement des corps et de l'enquête sur le crash".

Les boîtes noires de l'avion malaisien sont arrivées mercredi au Royaume-Uni pour y être analysées. Il est peu probable, cependant, qu'elles permettent d'identifier l'origine du tir fatal.

Le Boeing 777 qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala-Lumpur a été abattu par un missile parti de la zone contrôlée par les rebelles soutenus par la Russie, selon les Etats-Unis.

"L'explication la plus plausible c'est qu'il s'agit d'une erreur" et que le missile a été tiré "par un équipage mal entraîné", alors que le système utilisé --une batterie de missiles sol-air de fabrication russe Bouk-- demande un certain savoir-faire, a indiqué un haut responsable du renseignement américain qui a requis l'anonymat.

- Mission policière internationale -

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est entretenu mardi soir au téléphone avec le Premier ministre Mark Rutte.

Ce dernier s'est dit prêt à envoyer avec l'Australie et d'autres pays victimes de la catastrophe "une mission policière sous l'égide de l'ONU" afin de préserver le lieu du crash en zone contrôlée par les séparatistes et assurer une enquête indépendante.

Après avoir été longtemps bloquées par les rebelles, la plupart des dépouilles étaient arrivées mardi à Kharkiv à bord d'un train réfrigéré.

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé mercredi la Russie à "faire plus en direction des séparatistes qui empêchent de façon inacceptable le contrôle de la zone" du crash, dans un entretien avec le Premier ministre malaisien Najib Razak.

Le président américain Barack Obama a affirmé que Moscou ferait face à des "coûts supplémentaires" en cas de poursuite de sa stratégie de déstabilisation en Ukraine.

L'Union européenne établira pour sa part jeudi une nouvelle liste de personnalités et entités russes visées par des sanctions ciblées en raison de leur soutien aux séparatistes.

Sur le terrain, la situation a été très tendue dans les deux capitales régionales de Donetsk et de Lougansk sous contrôle des séparatistes.

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