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Chili : la prison spéciale pour condamnés de la dictature visée par les députés

23/07/2014 02:47 EDT | Actualisé 22/09/2014 05:12 EDT

La dernière prison spéciale du Chili où sont détenus des militaires condamnés pour des faits commis durant la dictature (1973-1990), et dans laquelle ils jouissent de "privilèges", est dans la collimateur de députés qui demandent sa fermeture.

Par 53 votes pour, 20 contre et deux abstentions, les députés de la majorité de gauche et quelques indépendants ont approuvé mardi une motion demandant à la présidente socialiste Michelle Bachelet de "réaliser toutes les démarches pertinentes pour fermer le centre de détention spécial de Punta Peuco".

L'objectif de la démarche est qu'"il ne demeure au Chili plus aucune prison ni institution qui favorise un traitement inéquitable entre les personnes purgeant une condamnation".

Les députés demandent également que les militaires emprisonnés soient déchus de leur rang et privés de leurs soldes, et que leurs photographies soient retirées des casernes.

Une cinquantaine de militaires sont actuellement détenus à Punta Peuco pour des violations des droits de l'homme commises sous la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).

Leurs conditions de détention n'ont rien à voir avec celles des 53.000 autres prisonniers du pays (pour 17 millions d'habitants), détenus dans des prisons surpeuplées, dans des conditions très précaires.

Les députés critiquent le fait que ces militaires "perçoivent encore leurs rémunérations en tant qu'anciens fonctionnaires" et affirment que Punta Peuco "comprend une douzaine de bungalows disposant de deux chambres, une salle de bain, un salon, un chauffage, un accès à internet et au téléphone, en plus d'espaces verts, d'une piscine et d'un court de tennis".

Un rapport d'un magistrat de la Cour d'appel de Santiago datant de 2013 évoque bien un régime de détention plus confortable que la moyenne, mais ne fait pas mention de la présence de piscine ou de court de tennis dans l'enceinte de cette prison, au contraire d'une autre fermée la même année.

En 2013, l'ancien président de droite Sebastian Piñera avait décrété la fermeture de la prison Cordillera, autre centre de détention spécial destiné aux ex-militaires, dont la dizaine de détenus vivant dans des condition encore plus privilégiées ont été transférés à Punta Peuco.

Parmi ces détenus, on compte notamment l'ancien chef des services de renseignement (Dina), Manuel Contreras, condamné à 100 ans de réclusion pour enlèvements, tortures et exécutions.

Ces deux centres de détention ont été créés par les gouvernements de centre-gauche arrivés au pouvoir après la fin de la dictature, lorsque que les premiers responsables de violations des droits de l'homme ont commencé à être jugés et condamnés.

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