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Ukraine: les Européens vont préparer des sanctions dans le secteur de la défense

22/07/2014 11:13 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

Les Européens ont décidé mardi de préparer des sanctions contre la Russie dans le secteur de la défense après le crash d'un avion malaisien attribué à un tir de missile dans l'Est de l'Ukraine, et la pression monte sur la France pour qu'elle renonce à la vente de navires militaires Mistral.

"La Commission va être mandatée pour préparer des sanctions ciblées dans les secteurs des technologies clés et militaires", a déclaré le ministre, Sebastian Kurz, en marge d'une réunion avec ses homologues à Bruxelles.

Cette décision a été confirmée de source européenne.

Selon une autre source, les mesures sectorielles envisagées, outre les secteurs de la défense et des hautes technologies, pourraient aussi toucher l'accès aux marchés financiers européens, les biens dits à double usage civil et militaire et le secteur de l'énergie, en particulier pétrolier et gazier.

Il n'apparaissait pas clairement mardi après-midi si ces éventuelles mesure entraient dans le champ des sanctions économiques d'envergure dites de "phase 3", dont l'adoption nécessiterait une nouvelle réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, ou si elles resteraient dans le cadre de sanctions ciblées plus limitées.

Les ministres européens devraient donner quelques jours à la Commission européenne et au service diplomatique de l'UE pour plancher sur ces mesures.

Elles constituent une menace à l'adresse de Moscou si la Russie ne répond pas aux demandes occidentales, notamment pour aider le travail des enquêteurs sur le site du crash du vol MH17 de Malaysia Airlines dans un territoire contrôlé par les séparatistes prorusses en Ukraine.

"Il est temps d'arrêter la +mistralisation+ de la politique européenne", a lancé mardi la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité, toujours à la pointe du combat pour dénoncer l'attitude de la Russie et demander une action plus déterminée des Européens, dans une allusion à la vente de navires de guerre Mistral par la France à Moscou.

"L'Europe doit oser se montrer unie face au terrorisme", a ajouté la présidente de cette ex-république soviétique.

- "Message clair" -

"Livrer des armes à la Russie est une position difficile à défendre", a taclé le Suédois Carl Bildt. "Nous devons envoyer un message clair", a assuré le nouveau ministre britannique, Philip Hammond. "Nous devrions envisager une interdiction de toutes les ventes d'équipement militaire, des navires, différents types de technologie, cela doit cesser".

Carl Bildt et son homologue polonais Radek Sikorski ont accusé Moscou d'avoir "livré de l'armement lourd aux séparatistes pro-russes".

"Le tir qui a abattu l'appareil de la Malaisian airlines est la conséquence" de ces fournitures d'armes, a soutenu Carl Bildt.

Lundi, le Premier ministre britannique David Cameron avait lancé l'offensive en appelant l'UE à adopter des sanctions économiques d'envergure, dites de "phase 3", contre la Russie, et à cesser toute vente d'armes à ce pays. "Franchement, il serait impensable de mener à bien une commande comme celle qu'ont les Français", avait-il martelé, estimant qu'on ne pouvait "pas continuer à faire des affaires" avec la Russie "comme si de rien n'était".

Le contrat des deux navires Mistral, conclu en 2011 pour un montant de quelque 1,2 milliard d'euros, est dans le collimateur depuis le début de la crise en Ukraine. Le président Barack Obama avait lui aussi exprimé son "inquiétude" au mois de juin.

La livraison du premier Mistral, le "Vladivostok", est prévue à l'automne. Lundi soir, le président François Hollande a déclaré qu'elle aurait bien lieu, en soulignant que la Russie avait "payé". Mais il a affirmé que la livraison du second, le "Sébastopol", dépendrait de l'"attitude" de Moscou dans le conflit ukrainien.

La semaine dernière, les dirigeants de l'UE avaient seulement décidé d'allonger la liste des personnalités et des entités russes accusées de soutenir les séparatistes et visées par des gels de leurs avoirs.

Mais c'était juste avant le crash de l'avion malaisien, qui a changé la donne. "Nous restons prêts à aider à la désescalade de la situation" en Ukraine "avec des mesures politiques et diplomatiques", a déclaré mardi le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier. "Mais il va être nécessaire de compléter cela avec une pression plus forte, ce qui signifie des actions plus déterminées".

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