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Six cents morts à Gaza, "c'est quelque chose qu'on ne peut pas accepter" (Fabius)

22/07/2014 03:00 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a estimé mardi que la riposte israélienne aux tirs de roquettes du Hamas à Gaza devait être "proportionnée" et estimé que le nombre de Palestiniens tués, plus de 620, était "quelque chose qu'on ne peut pas accepter".

"Il n'était pas acceptable qu'un pays (Israël) soit menacé par des roquettes, en revanche il faut que la riposte soit proportionnée. Six cents morts, c'est évidemment quelque chose qu'on ne peut pas accepter", a déclaré M. Fabius à la chaîne de télévision privée française TF1, dans une première critique française explicite de la stratégie israélienne.

Le président français François Hollande a été accusé par la gauche de mener une diplomatie trop pro-israélienne depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza.

"L'exigence absolue c'est le cessez-le-feu. Il faut absolument que les massacres et les attaques cessent immédiatement", a poursuivi le ministre.

Le conflit entre Israël et les combattants islamistes de Gaza a fait 620 morts palestiniens et 29 morts israéliens en quinze jours et se poursuivait sans relâche mardi malgré l'appel ferme du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à "arrêter de combattre".

L'objectif affiché d'Israël est de désarmer le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne, faire cesser ses tirs de roquettes, détruire ses tunnels et arrêter les "infiltrations" en Israël des combattants islamistes.

Le Hamas, lui, réclame la levée du blocus israélien de Gaza, en place depuis 2006, la libération de prisonniers et l'ouverture de la frontière avec l'Egypte.

Interrogé par ailleurs sur l'opportunité d'interdire les manifestations propalestiniennes en France, dont certaines ont été émaillées de violences et d'actes antisémites, M. Fabius a rappelé que "la règle, c'est qu'on peut manifester (...) mais en même temps il ne faut pas que ces manifestations dégénèrent en violences".

"Il est normal qu'on soit ému, même indigné -je le suis- par ce qui se passe là-bas. Mais en même temps il ne faut pas que ces manifestations dégénèrent en violences. Dans plusieurs cas elles ont été acceptées, dans d'autres elles ont été interdites", a-t-il indiqué.

Une nouvelle manifestation propalestinienne sous haute surveillance était attendue mercredi à Paris après deux rassemblements interdits par le gouvernement socialiste le week-end dernier qui ont dégénéré en émeutes urbaines et actes antisémites.

La manifestation prévue mercredi, organisée par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, rassemblant partis de gauche, syndicats et associations, a été autorisée "parce qu'elle est encadrée par des organisations responsables", a dit M. Fabius.

cf/kat/gg

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