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Sécurité des cyclistes à Montréal: des pistes de solutions à envisager (VIDÉO)

21/07/2014 02:08 EDT | Actualisé 22/07/2014 10:44 EDT

La sécurité des cyclistes est au cœur des préoccupations du gouvernement du Québec, depuis la mort de Mathilde Blais en avril dernier. Si le paysage urbain s’est modifié pour faire place aux vélos, dans les dernières années, il reste que Montréal devra redoubler d’efforts pour prévenir les accidents malheureux sur la chaussée. Marc Jolicoeur, directeur de la recherche chez Vélo Québec, offre quelques pistes de solutions.

La limite de 30 km/h en ville

C’est une idée qui a fait du chemin dans plusieurs villes en Europe. Les zones scolaires à Montréal affichent 30 km/h pour des raisons évidentes, mais Marc Jolicoeur croit que les rues locales peuvent être sécurisées sans mettre des endroits désignés pour les cyclistes et piétons, mais en ramenant la limite de vitesse « à une vitesse plus locale ».

Les panneaux de signalisation à Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal, affichent 30 km/h, sauf sur les grandes artères, où les voitures peuvent rouler jusqu’à 50 km/h. Des citoyens ont même réclamé des mesures additionnelles, comme l’ajout de dos d’ânes sur les routes.

Une collision entre un piéton et un véhicule à 30 km/h se compare à une chute du premier étage d’un immeuble, alors que le même incident à 50 km/h peut se comparer à une chute du troisième étage. En somme, réduire la vitesse des voitures reviendrait à prévenir les accidents et à sauver des vies.

velo montreal

S’inspirer du Code de la rue belge

Autre élément à considérer : le « Code de la rue » (ou Straatcode en néerlandais), un ensemble de règles pour la circulation urbaine en Belgique. Marc Jolicoeur souligne l’importance du principe de prudence du plus fort envers le plus faible.

« Chacun doit être prudent pour ceux qui sont plus légers et plus lents que lui », illustre-t-il. Ainsi, la voiture doit adapter sa vitesse lorsqu’elle est près d’un cycliste, le cycliste doit adapter la sienne près d’un piéton, et ainsi de suite. Une façon de mieux tenir compte de la réalité urbaine et du partage de la rue, selon lui.

« L’automobile est rendue trop banalisée de nos jours, déplore Marc Jolicoeur. Entrer dans sa voiture, c’est entrer dans son salon, presque. On a le porte-gobelet pour le café, le cendrier pour la cigarette, c’est comme un espace privé alors qu’on est dans un lieu public. On peut causer des problèmes aux autres si on ne porte pas attention. »

La même idée s'applique aux cyclistes qui, eux, peuvent circuler sur le trottoir en respectant la priorité des piétons... et leur vitesse.

Adhérer à la politique Vision Zero

Voici une vision de la route qui se base sur des principes d’éthique et de responsabilité. Selon Vision Zero, une vie humaine est plus importante que la mobilité en voiture ; le but est donc d’avoir 0 accidents à la fin de l’année.

Tout doit donc être mis en place pour s’assurer qu’aucun usager de la route soit tué ou blessé, que ce soit par l’instauration de nouvelles limites de vitesse ou une différente conception des voitures.

Fondé en Suède en 1997, Vision Zero a fait son chemin en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Le conseil municipal de la ville de New York, aux prises avec 286 décès sur la route en 2013, a fait passer des résolutions pour abaisser la limite de vitesse et sanctionner les conducteurs téméraires.

Est-ce qu'on peut espérer qu'il y ait zéro accidents à Montréal? «Ça fixe la barre suffisamment haute pour voir si on en fait assez», commente Marc Jolicoeur.

Prévention ou sanction?

Règle générale, les deux sont nécessaires. Selon le directeur de recherche chez Vélo Québec, les cyclistes bafouent les règles de base du Code de la sécurité routière sur une base régulière - il convient donc de leur rappeler leurs droits et devoirs.

L'année dernière, l'ouverture imprudente de portières de voitures ont fait deux morts à Montréal. Mais les contrevenants n'écopent que d'une amende de 30$ pour un geste qui peut s'avérer fatal. «On s'entend que c'est un accident qui est extrêmement bête, et il y aurait à responsabiliser plus les automobilistes par rapport à ça.»

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