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Scandale alimentaire en Chine: la police interroge des suspects

22/07/2014 02:21 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

Les policiers chinois interrogeaient mardi à Shanghai le personnel d'une unité du fournisseur alimentaire OSI Group qui aurait vendu de la viande avariée dans des McDonald's et des KFC, tandis qu'un quotidien officiel accusait les "marques étrangères" de n'avoir pas détecté le problème plus tôt.

Les autorités de Shanghai ont fermé dimanche une usine du groupe OSI -- un fournisseur de McDonald's et KFC en Chine -- qui aurait notamment mélangé de la viande avariée avec de la viande fraîche et ré-étiquetté des produits périmés, selon l'enquête d'une chaîne de télévision locale.

La police interrogeait "plusieurs" employés de la filiale d'OSI Shanghai Husi Food Co., a rapporté le Shanghai Daily, alors que la télévision locale a indiqué que ces responsables avaient été placés "sous contrôle". Contactées par l'AFP, les autorités n'ont pas donné suite.

Dans un éditorial, le journal Global Times a accusé McDonald's et le groupe de restauration Yum, qui possède notamment KFC et Pizza Hut, d'avoir failli dans la surveillance de leurs fournisseurs.

"C'est une nouvelle récidive de ces marques étrangères bien connues en Chine", a indiqué ce quotidien officiel, connu pour sa ligne éditoriale nationaliste.

"Les marques internationales connues n'ont pas eu une attitude loyale envers les consommateurs chinois. Peut-être pensaient-elles que le marché chinois était grossier, et que des services +juste suffisants+ conviendraient en Chine".

McDonald's a déclaré dans un communiqué avoir "immédiatement" arrêté d'utiliser la production de cette usine et le groupe de restauration Yum a indiqué que ses restaurants KFC et Pizza Hut avaient également cessé de servir de cette viande.

L'agence de presse officielle Chine nouvelle a accusé OSI et les chaînes de restauration rapide internationales de faire deux poids deux mesures en termes de sécurité alimentaire.

"La viande avariée était vendue en priorité sur le marché chinois, faisant craindre qu'un système de contrôle de qualité injuste soit utilisé par les fournisseurs, voire par les géants de la restauration rapide", a-t-elle indiqué lundi.

OSI s'est déclaré "consterné" par ces allégations et annoncé la formation d'une équipe chargée d'enquêter sur ce dossier.

La Chine a été ébranlée par une série de problèmes de sécurité alimentaire dus à l'application laxiste de la réglementation en la matière et aux stratégies de certains producteurs pour la contourner.

Un des plus gros scandales remonte à 2008, lorsqu'il a été avéré que de la mélamine, une substance toxique, avait été ajoutée à des laits pour bébés, tuant au moins six d'entre eux et rendant 300.000 personnes malades.

Mais la Chine a pris pour cible les compagnies étrangères dans de nombreux secteurs l'année dernière, des médicaments aux préparations pour enfants, dénonçant leur prix élevés et leurs pratiques commerciales déloyales.

Trois cadres du laboratoire britannique GlaxoSmithKline en Chine sont accusés d'avoir ordonné à leurs employés de corrompre leurs clients pour doper leurs ventes de médicaments.

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