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Russie: les ONG, "agents de l'étranger", veulent poursuivre leurs activités

22/07/2014 08:40 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

Cinq ONG russes, dont la principale organisation de défense des droits de l'Homme Memorial, qualifiées la veille par la justice russe d'"agents de l'étranger", se sont dites mardi décidées à poursuivre leurs activités.

"Nous ferons appel de ce jugement et continuerons à travailler comme avant", a déclaré à l'AFP Ian Ratchinski, membre de la direction de Memorial, qui a été inscrit par le ministère de la Justice sur le registre des "agents de l'étranger" de même que les ONG Agora, Verdict public, Avocats pour la liberté et les droits constitutionnels (Jurix), et le groupe pour la défense de l'environnement Ekozachita.

"Nous n'acceptons pas cette décision. Nous ne sommes pas des agents de l'étranger", a déclaré à l'AFP la dirigeante de Verdict public, Natalia Taoubina.

Le nouveau statut ne changera rien aux activités d'Agora, a également assuré son dirigeant Pavel Tchikov, cité par le quotidien Kommersant.

Une loi votée en 2012 lors du retour au Kremlin de Vladimir Poutine pour un troisième mandat oblige à s'inscrire sur un registre d'"agents de l'étranger" les organisations qui mènent des "activités politiques" et bénéficient de financements étrangers.

En deux ans, une seule ONG russe a accepté cette appellation, utilisée en URSS pour qualifier les dissidents, accusés d'être à la solde de l'Occident, et qui a une connotation très négative en Russie.

"Renoncer aux fonds étrangers signifierait accepter cette appellation et la loi", a expliqué M. Ratchinski de Memorial en estimant que "le pouvoir s'approche du régime soviétique".

Mais pour la présidente du Conseil des Droits de l'Homme auprès du Kremlin Ella Pamfilova, la nouvelle Russie et l'URSS "sont comme le jour et la nuit".

La loi "n'interdit pas les activités des ONG financées par l'étranger, mais les oblige à accepter l'appellation +agents de l'étranger+", souligne-t-elle.

"Le pouvoir ne veut surtout pas qu'une révolution soit organisée en Russie avec l'argent de l'étranger comme cela a été le cas en Ukraine", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Les ONG russes attendent désormais la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme qu'elles ont saisie sur cette loi.

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