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Les combats font rage entre régime et rebelles dans l'est de Damas

22/07/2014 12:39 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

Les combats les plus violents depuis des mois opposaient mardi les troupes du régime syrien aux rebelles dans l'est de Damas, au moment où le chef du gouvernement de l'opposition était écarté en raison de divergences entre parrains saoudien et qatari.

Le conflit, qui a fait plus de 170.000 morts et poussé à la fuite plus de neuf millions de personnes depuis trois ans, est devenu de plus en plus complexe avec les rebelles tentant de renverser le régime de Bachar al-Assad mais combattant aussi les jihadistes ultra-radicaux de l'État islamique (EI).

Dans l'est de Damas, l'entrée du quartier stratégique de Jobar était le théâtre de combats "les plus violents depuis des mois" entre régime et rebelles, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Jobar est contrôlé par les rebelles, hormis quelques zones périphériques que l'armée défend becs et ongles car elles donnent accès au centre de la capitale. Il y a une semaine, les insurgés avaient réussi à prendre un barrage militaire, et s'approcher ainsi de la place des Abbassides, l'une des principales de la capitale, entraînant une contre-offensive de l'armée.

Si les rebelles avançaient au-delà de ce poste militaire, ils menaceraient directement le régime dans la capitale, d'où l'intensité de la bataille, selon l'ONG syrienne.

Outre les bombardements, l'armée, déjà appuyée par des miliciens pro-régime, "a envoyé des renforts dans la zone" pour tenter de repousser les rebelles. Un correspondant de l'AFP a entendu d'énormes explosions depuis la nuit jusqu'en début d'après-midi.

Jobar est également stratégique car le quartier est la continuité de la Ghouta orientale, une région à l'est de Damas considérée comme un des principaux bastions de la rébellion.

- Opposition toujours divisée -

Celle-ci reste toutefois affaiblie par son manque d'équipement comparé à la machine de guerre du régime mais aussi aux jihadistes bien armés.

Elle est d'autant plus fragile que l'opposition politique en exil, qui est supposée la chapeauter, est minée par les rivalités entre ses principaux soutiens régionaux, l'Arabie saoudite et le Qatar.

Mardi, le chef du gouvernement provisoire, Ahmad Tohmé, proche de Doha, a été relevé de ses fonctions sous la pression de l'Arabie saoudite. Il était jugé proche des Frères musulmans, confrérie influente au sein de l'opposition et bête noire de Ryad.

La Coalition syrienne est reconnue par plusieurs États, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, comme le seul représentant légitime des Syriens.

Installée hors de la Syrie, elle est accusée par les militants et les rebelles de l'intérieur d'être déconnectée de la réalité sur le terrain.

Les insurgés ont été affaiblis ces derniers mois par les avancées du régime et le manque de soutien militaire efficace des pays occidentaux, qui ont apporté surtout un appui politique.

- Sanctions européennes -

L'Union européenne a ainsi décidé mardi de renforcer les sanctions contre le régime, en ajoutant trois personnes et neuf entités à sa liste noire. Au total, les sanction de l'UE frappent 192 personnes et 62 entités.

Les Occidentaux ont depuis le début du conflit montré leur réticence à armer les rebelles, par crainte de voir l'arsenal tomber aux mains d'extrémistes.

Cela n'a pas empêché la montée en puissance de l'EI, qui contrôle désormais l'est et une partie du nord du pays, sans compter de larges territoires dans l'ouest. Ayant proclamé un "califat" islamique fin juin, le groupe est accusé des pires atrocités comme des crucifixions, des décapitations et des lapidations.

En outre, le groupe a pris le contrôle des principaux champs pétroliers dans la province de Deir Ezzor (est).

Les pertes dans les secteurs pétrolier et gazier se sont élevées à près de 21,4 milliards de dollars en trois ans, selon le ministre du Pétrole.

Le conflit a également donné lieu à une catastrophe humanitaire, avec la moitié de la population souffrant de la faim, selon l'ONU. L'organisation a appelé mardi à faciliter l'accès à 765.000 enfants de moins de cinq ans devant être vaccinés contre la polio dans des zones difficilement accessibles.

L'attrait que représente cette guerre pour les jihadistes inquiète par ailleurs les pays européens. Mardi, deux hommes et une femme soupçonnés d'appartenir à une cellule jihadiste et ayant séjourné en Syrie ont été interpellés dans le sud de la France.

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