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Le Venezuela expulse des squatteurs d'un gratte-ciel iconique de Caracas

22/07/2014 03:57 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Des responsables et des soldats armés ont commencé mardi à expulser les milliers de squatteurs vivant depuis près d'une décennie dans un immense gratte-ciel à moitié construit dans le centre de Caracas, la capitale du Venezuela, et qu'on a vu dans la télésérie «Homeland».

L'immeuble de 45 étages a été abandonné dans les années 1990, et a fini par être connu sous le nom de «Tour de David», du nom de celui qui finançait le projet avorté.

Ernesto Villegas, ministre responsable de la Transformation de Caracas, a confié à des journalistes mardi que la tour avait été un symbole de l'échec du capitalisme, avant de se transformer en un symbole de la puissance d'une communauté. Pour plusieurs, le gratte-ciel devenu village de squatteurs était aussi représentatif d'un dysfonctionnement anarchique.

Il a figuré dans la télésérie américaine «Homeland» en tant qu'endroit échappant au pouvoir de la loi, et où des bandits participent à des conspirations internationales et tuent impunément.

Au dire du ministre, l'expulsion des résidents était nécessaire puisque le bâtiment, qui ne dispose pas des éléments de base comme des murs ou des fenêtres, n'était pas sécuritaire. Des enfants ont trouvé la mort en tombant, a-t-il affirmé. Et la cour bétonnée à l'odeur particulièrement nauséabonde où il a discuté avec la presse était une preuve de l'absence de plomberie.

Des dizaines de résidents sont montés à bord d'autobus, mardi matin, pour aller s'installer dans des logements neufs fournis par le gouvernement à Cua, une ville à près de 37 kilomètres au sud de Caracas. Les habitants demeuraient calmes, malgré les dizaines d'enfants courant pieds nus. Certains ont déploré perdre un accès facile aux supermarchés, aux transports publics et, possiblement, à des emplois.

«Je ne sais pas comment je ferai pour trouver un travail là-bas», a déclaré Yaritza Casares, âgée de 28 ans, aux côtés de sa fille de quatre ans. «Nous étions chanceux de vivre ici.»

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