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La communauté internationale a failli à ses obligations (représentant palestinien à l'ONU)

22/07/2014 01:06 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

"La communauté internationale a failli à son obligation de protéger les civils en temps de guerre", a affirmé mardi le représentant palestinien à l'ONU Ryad Mansour devant le Conseil de sécurité, en référence aux victimes de l'offensive israélienne à Gaza.

Dans un discours empreint d'émotion, M. Mansour, qui portait un ruban noir à la boutonnière, a brandi des photos de blessés palestiniens à Gaza et égrené les noms d'une cinquantaine d'enfants palestiniens tués dans les bombardements israéliens.

"Voici les visages de nos victimes, pour la plupart des enfants. Nous ne sommes pas des statistiques, nous sommes des êtres humains", a-t-il lancé, au bord des larmes.

Pour M. Mansour, "la communauté internationale a failli à son obligation de protéger les civils en temps de guerre, elle n'a pas réussi à faire appliquer le droit, elle a trahi sa parole".

Il a appelé une nouvelle fois le Conseil à adopter une résolution "pour faire cesser cette agression, lever le blocus (de Gaza par Israël) et fournir au peuple palestinien une protection internationale".

Les efforts de médiation en cours, a-t-il estimé, ne doivent pas empêcher le Conseil "d'assumer sa responsabilité de mettre fin au massacre d'hommes, de femmes et d'enfants innocents".

La Jordanie, membre du Conseil, travaille à la rédaction d'un projet de résolution qu'elle a l'intention de distribuer mardi aux autres pays membres pour examen, selon un diplomate jordanien.

Ce texte "appelle à un cessez-le-feu durable" à Gaza et à la levée du blocus économique israélien. En attendant un cessez-le-feu, ce projet de résolution insiste sur des "mesures pour protéger les civils" et la fourniture d'urgence d'une aide humanitaire aux Palestiniens.

Intervenant juste après M. Mansour, le représentant adjoint israélien David Roet a affirmé qu'Israël "regrettait profondément les pertes" civiles et cherchait à les éviter. Mais il a accusé une nouvelle fois le Hamas de se servir de ces civils comme "boucliers humains".

"Nous n'avons pas choisi cette guerre (...) elle est notre dernier recours", a-t-il déclaré en soulignant que le Hamas "avait lancé 12.000 missiles et roquettes depuis dix ans" sur Israël. "C'est une menace directe à laquelle nous ne nous habituerons jamais (...) le Hamas nous a entraînés dans ce conflit".

"Les pertes civiles palestiniennes sont la conséquence directe de la décision du Hamas de continuer à envoyer des roquettes sur Israël", a encore martelé M. Roet.

Un argument rejeté par plusieurs pays arabes au cours du débat. L'ambassadeur saoudien à l'ONU Abdallah al-Mouallimi a ainsi accusé Israël de se servir de l'argument de l'auto-défense comme "d'un prétexte pour une guerre de génocide contre le peuple palestinien".

"La Torah (livre sacré du judaïsme, ndlr) dit +oeil pour oeil+, et non cent yeux pour un seul", a déclaré l'ambassadeur égyptien Mootaz Ahmadein Khalil. Il a condamné "l'usage disproportionné de la force" par l'armée israélienne.

Evoquant la proposition égyptienne de cessez-le-feu, il a "appelé tous ceux qui n'ont pas encore accepté cette initiative à revoir leur position".

Au début de ce débat consacré à la situation au Proche-Orient, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait fait le point en termes généraux sur ses efforts de médiation, s'adressant au Conseil par video-conférence depuis Ramallah.

"Je crois et je souhaite que ces discussions produisent des résultats et la fin des combats dans un avenir très proche", a-t-il dit, en soulignant "les nombreux obstacles et la complexité" de cette médiation.

Il a aussi appelé les pays membres de l'ONU à répondre généreusement à l'appel de fonds de 115 millions de dollars lancé par l'UNRWA (Office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens) en faveur de la population de Gaza.

avz/sam

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