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Gambie: 20 ans "d'impunité pour les violations des droits de l'Homme" (ONG)

22/07/2014 12:02 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

Près de 40 personnalités et organisations ont réclamé mardi la fin de "20 années d'impunité pour les violations des droits de l'Homme commises en Gambie", à l'occasion des vingt ans de pouvoir de son dirigeant Yahya Jammeh.

"Le 22 juillet 1994, un groupe de militaires dirigés par le lieutenant Yahya Jammeh renverse le président Dawda Jawara (...). Aidé par l'armée, Yahya Jammeh, s'autoproclame président de la République", rappellent ces personnalités et ONG - 36 au total - dans une déclaration commune diffusée par Reporters sans frontières (RSF), qui parle d'un "triste" 20ème anniversaire de pouvoir en Gambie.

Yahya Jammeh, qui a été élu président en 1996, puis réélu trois fois (2001, 2006, 2011), dirige depuis lors d'une main de fer son pays, petit Etat anglophone enclavé dans le Sénégal -francophone- à l'exception de sa façade maritime.

Sous sa direction, dénoncent les signataires de la déclaration, "le gouvernement gambien ne tolère aucune opposition et commet des violations graves des droits humains".

"Les défenseurs des droits humains, les journalistes, les opposants politiques et d'autres citoyens critiques à l'égard de la politique gouvernementale continuent de subir des manoeuvres d'intimidation, des actes de harcèlement, des arrestations arbitraires, des incarcérations, des actes de torture et de mauvais traitement, des menaces de mort et des disparitions forcées", poursuivent-ils.

Ils citent entre autres cas "l'homicide illégal du journaliste Deyda Hydara en 2004" et "les exécutions arbitraires de neuf prisonniers en 2012".

Co-fondateur du journal privé The Point, réputé critique envers le pouvoir de Yahya Jammeh, Deyda Hydara était également le correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) et de RSF en Gambie. Il a été tué par balles le 16 décembre 2004. Depuis, l'enquête piétine.

Les signataires de la déclaration réclament notamment des enquêtes "sur les violations des droits humains" et des poursuites en justice contre leurs auteurs et la libération "sans conditions" de "tous les prisonniers de conscience", y compris le journaliste Ebrima Manneh, porté disparu depuis son arrestation en juillet 2006 à Banjul, par des hommes présentés comme membres des services de renseignements.

Ils demandent aussi que soient relâchées "toutes les personnes actuellement détenues illégalement" ou qu'elles soient inculpées "pour des infractions prévues par la loi".

En plus de RSF, les ONG signataires du texte comprennent la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho, basée à Dakar), Amnesty International, Article 19, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

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