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Des raids sont lancés en Turquie contre plusieurs dizaines de policiers

22/07/2014 07:24 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

ANKARA, Turquie - La police turque a arrêté mardi des dizaines de ses agents soupçonnés d'«espionnage», ou d'avoir placé illégalement des responsables gouvernementaux sous écoute, y compris le premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le chef des renseignements, ont indiqué des médias et des responsables.

Les autorités ont effectué des descentes nocturnes dans 25 provinces, arrêtant les policiers, y compris au moins un ancien officier supérieur du contre-terrorisme, qui a été emmené les menottes aux poings.

Selon des médias turcs, certains des agents étaient impliqués dans une enquête pour corruption lancée en décembre qui a ciblé quatre ministres.

M. Erdogan soutient depuis longtemps que les allégations de corruption qui ont forcé les ministres à démissionner s'inscrivaient dans le cadre d'une tentative de coup d'État menée par les partisans de Fethullah Güllen, un prêcheur islamiste modéré vivant aux États-Unis. Plusieurs des agents impliqués dans l'enquête pour corruption ont perdu leurs postes au cours d'une purge gouvernementale, plus tôt cette année.

M. Erdogan accuse également le mouvement Gülen d'être à l'origine d'une série de fuites d'enregistrements publiés en ligne suggérant des cas de corruption par le premier ministre et des membres de sa famille. Il s'est engagé à se lancer contre le mouvement de son adversaire et a affirmé qu'il tenterait également de faire extrader M. Gülen des États-Unis.

Dans une déclaration publiée mardi, le procureur en chef d'Istanbul, Hadi Salihoglu, a indiqué que des mandats d'arrestation avaient été lancés contre 155 policiers; 67 d'entre eux ont été détenus jusqu'à maintenant.

Soixante-seize d'entre eux sont suspectés d'espionnage pour avoir illégalement placé M. Erdogan sous écoute, ainsi que des ministres et le chef du Renseignement, avoir supposément écouté des conversations que ceux-ci auraient tenus avec des dignitaires étrangers, et avoir enregistré ces discussions, a dit M. Salihoglu.

Ce dernier a ajouté que les suspects ont pu mettre des responsables turcs sous écoute en leur donnant des noms de code et en lançant une fausse enquête sur un groupe terroriste fictif.

Toujours au dire de M. Salihoglu, 39 autres agents sont aussi soupçonnés d'avoir placé des législateurs, des journalistes et des hauts-fonctionnaires sous écoute en utilisant des documents falsifiés.

Interrogé à savoir si l'opération ciblant le mouvement Güllen prendrait de l'ampleur, M. Erdogan a déclaré à des journalistes que «cela en a l'air, bien sûr, bien sûr».

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