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Crash: Les corps envoyés mercredi aux Pays-Bas, plus de sanctions en vue contre Moscou

22/07/2014 09:54 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

Les corps des passagers du vol MH17, transportés mardi à Kharkiv, doivent être envoyés mercredi aux Pays-Bas, les rebelles prorusses ayant permis leur évacuation juste avant que les Européens n'étudient de nouvelles sanctions contre la Russie.

Le train transportant les corps, composé de cinq wagons réfrigérés portant l'inscription "Donbass", a terminé sa course dans l'enceinte de l'usine de chars Malychev, a constaté un reporter de l'AFP.

A travers les grilles de la porte principale on pouvait apercevoir des véhicules kaki marqués d'une croix rouge qui pourraient être des laboratoires. A côté, une ambulance et derrière, une grande tente blanche avec de rubans rouge et blanc.

Une activité fébrile régnait à l'entrée, avec l'arrivée d'experts internationaux, de semi-remorques, d'ambulances et un ballet de voitures officielles.

Une vingtaine de Malaisiens portant des uniformes bleus avec l'inscription "Smart Malaysia" sont arrivés, suivis par des représentants de l'OSCE, et des diplomates indonésiens. "Nous sommes ici pour surveiller le processus d'extraction des corps et leur identification avant qu'ils ne soient envoyés aux Pays-Bas", a expliqué l'un des diplomates.

"D'après nos informations, sur le lieu du crash, les corps n'ont pas été conservés dans un lieu sécurisé et ils n'ont pas été traités correctement", a-t-il ajouté.

Les dépouilles devaient être remises à une délégation néerlandaise. Les premières doivent être transportées mercredi par avion aux Pays Bas où l'identification des corps pourrait prendre plusieurs mois, a indiqué le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

- Gestes d'apaisement -

L'avion doit atterrir à Eindhoven, dans le sud des Pays-Bas, d'où les dépouilles seront transportées vers une base militaire à Hilversum, au sud-est d'Amsterdam, à environ 100 km de l'aéroport.

Le même appareil devrait transporter aussi les boîtes noires du Boeing détruit en vol. Remises lundi par les rebelles à des responsables malaisiens, elles devaient être récupérées par les Néerlandais, puis envoyées en Grande-Bretagne pour y être décryptées.

Les boîtes permettent d'enregistrer les conversations dans le cockpit et les données techniques du vol. Il est peu probable, cependant, qu'elles puissent fournir des renseignements permettant d'identifier l'origine du tir ayant abattu l'avion malaisien.

Les gestes d'apaisement des rebelles à l'égard de la communauté internationale, en particulier un cessez-le-feu décrété autour du site du crash, ont été accompagnés de déclarations russes allant dans le même sens.

Ainsi, le président Vladimir Poutine a assuré que "la Russie ferait tout ce qui est en son pouvoir pour une enquête complète, impliquant toutes les parties, en profondeur et transparente".

Pour un expert ukrainien, ces avancées, réelles ou verbales, sont la conséquence des menaces occidentales de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie.

"A coup sûr, l'Occident a fait pression sur la Russie et la Russie à son tour sur eux (les rebelles), parce qu'elle était obligée de le faire", a déclaré à l'AFP le politologue de l'université Kiev-Moguila Oleksiï Garan.

"Poutine a peur de sanctions, avec l'affaire de l'avion il est devenu la victime d'un dispositif qu'il préparait pour frapper quelqu'un d'autre", a-t-il ajouté.

- le site du crash altéré "à une échelle industrielle" -

Les Européens débattaient mardi d'un renforcement des sanctions contre Moscou, et la pression montait sur la France pour arrêter la vente de navires militaires français Mistral à la Russie.

"Il est temps d'arrêter la +mistralisation+ de la politique européenne", a lancé sur son compte Twitter la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité, toujours prompte à dénoncer l'attitude de la Russie.

Mais pour bien des Occidentaux, le changement de ton des séparatistes et de Moscou ne semblent pas suffisantes.

Le site du crash a été altéré "à une échelle industrielle", a déclaré mardi le Premier ministre australien Tony Abbott, évoquant "une tentative de maquiller les preuves" de la catastrophe dans laquelle 28 Australiens ont péri.

Sur le terrain, Kiev a annoncé que le drapeau national a été hissé sur la mairie de Severodonetsk, une ville de 110.000 habitants, à une centaine de km de Lougansk, reprise aux rebelles. L'administration régionale de Lougansk signalait 5 morts parmi la population civile au cours des dernières 24 heures, tandis que l'armée ukrainienne citait le chiffre de 13 soldats tués dans ses rangs.

Kiev reste préoccupé par une forte présence militaire russe. Plus de 40.000 soldats russes sont massés à la frontière russo-ukrainienne ainsi que des centaines d'armes lourdes, a déclaré le secrétaire du conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien Andriï Paroubiï devant le Parlement. Cent cinquante chars, 400 blindés et 500 systèmes d'artillerie russes sont massés près de la frontière en face de Donetsk, a-t-il dit.

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