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Climat: l'UE peine à s'entendre sur ses objectifs pour 2030

22/07/2014 10:36 EDT | Actualisé 21/09/2014 05:12 EDT

La Commission européenne va compléter mercredi le plan d'action de l'UE contre le réchauffement climatique avec un objectif chiffré pour les économies d'énergie à réaliser pour 2030, devenu sujet de division entre les Etats membres.

"La bataille s'annonce rude, car l'équipe dirigée par José Manuel Barroso est très divisée", a confié une source européenne proche du dossier.

La Commissaire en charge du Climat, Connie Hedegaard, défend un objectif de 30% et s'oppose au président Barroso, partisan d'un effort moindre pour éviter de braquer les Etats membres, inquiets par les montants en investissements à mettre sur la table pour atteindre un objectif de 30% d'économies d'énergie.

Elle a reçu un soutien inattendu du nouveau président élu de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui a réclamé "un objectif de 30% en efficacité énergétique à l'horizon 2030" lors de son discours au Parlement européen la semaine dernière.

La ministre française de l'Energie et de l'Ecologie Ségolène Royal s'est également prononcée pour "une réduction d'au moins 30% de la consommation d'énergie" dans une lettre adressée à la Commission dont l'AFP a obtenu copie.

"Juncker a beaucoup aidé" à faire bouger les positions, a assuré une source européenne. "L'objectif pour l'efficacité énergétique devrait être fixé à 29%", a estimé cette même source. La proposition initiale était un objectif de 25%.

Le dossier pose un cas de conscience à Günther Oettinger, le commissaire à l'Energie. Reconduit par son gouvernement pour faire partie de l'équipe dirigée par M. Juncker, il peut difficilement ignorer ses recommandations, mais dans le même temps, il sait que les Etats membres risquent de rejeter le plan d'action fixé à l'UE.

L'Union européenne s'est fixé 3 objectifs pour 2020: réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport aux niveaux de 1990, porter à 20% la part des renouvelables dans la consommation d'énergie et réaliser 20% d'économies. Tous trois sont déjà pratiquement réalisés.

L'exécutif bruxellois a appelé à poursuivre l'effort et proposé de porter à 40% la réduction des gaz à effet de serre en 2030 et à 27% la part des renouvelables. Manquait l'objectif pour l'efficacité énergétique, rendu important par les menaces que les tensions entre la Russie et l'Ukraine font peser sur les approvisionnements en gaz de l'UE.

La différence de 5% entre l'objectif initial de 25% et les 30% réclamés par M. Juncker représente une réduction de 11,5% des importations de gaz de l'UE.

Les achats de gaz à la Russie couvrent 25% des besoins des pays de l'UE pour une facture totale de 35 milliards d'euros en 2013, soit 3 milliards par mois, selon la Commission.

"Les dirigeants européens veulent être moins dépendants du gaz russe, mais dès que l'heure est venue de mettre l'argent sur la table, ils ne veulent plus", a déploré la source européenne proche du dossier.

Les Etats membres montrent beaucoup de réticences face aux objectifs présentés par la Commission. La grande majorité se contenterait en fait d'un seul objectif, celui de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les dirigeants européens ont différé à deux reprises l'adoption de la contribution de l'UE pour la conférence sur le Climat organisée à Paris en 2015 et renvoyé la décision à leur sommet en octobre.

csg/ml

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