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Ukraine: le Conseil de sécurité de l'ONU demande une enquête internationale

21/07/2014 07:56 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

HRABOVE, Ukraine - Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé à l'unanimité une résolution australienne demandant la tenue d'une enquête internationale sur l'écrasement de l'avion de Malaysia Airlines dans l'est de l'Ukraine et un cessez-le-feu dans le secteur.

La résolution demande «une enquête internationale indépendante, complète et approfondie» de l'écrasement de l'appareil qui transportait 298 personnes. Elle demande aux séparatistes prorusses de permettre l'accès complet au site et de ne pas toucher aux débris, aux bagages ou aux restes des victimes.

Les 15 membres du Conseil ont voté en faveur de la mesure proposée par l'Australie lors d'une rencontre télévisée.

Le vote est survenu après un week-end de négociations visant à convaincre la Russie d'appuyer la proposition. Une conversation téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre australien Tony Abbot a notamment eu lieu.

La Russie souhaitait que la résolution demande à l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), plutôt qu'aux autorités ukrainiennes, de prendre les rênes de l'enquête. Le texte final de la résolution ne reflète pas cette demande, mais afin de convaincre la Russie, qui détient un droit de vedo, on y a renforci le rôle joué par l'OACI, une agence de l'ONU.

L'ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, s'est dit satisfait du rôle important que jouera l'OACI dans l'enquête et a applaudi l'annonce voulant que les Pays-Bas en prendront également les rênes.

«Nous n'aurions tout simplement pas pu permettre au Conseil de sécurité d'appuyer une enquête menée par l'Ukraine, parce que nous n'avons pas confiance en leur intention de mener une enquête véritablement objective», a expliqué M. Tchourline à des journalistes après le vote.

L'ambassadrice américaine Samantha Power a quant à elle demandé à la Russie d'utiliser son influence pour s'assurer que les rebelles prorusses respecteront la demande. Selon elle, une résolution du Conseil de sécurité n'aurait pas été nécessaire si la Russie avait poussé les rebelles à permettre l'accès complet au site dès le départ.

«Le silence de la Russie depuis jeudi a envoyé un message aux groupes armés illégaux qu'elle appuie: "Nous sommes derrière vous", a déclaré Mme Power. Nous ne sommes pas naïfs: si la Russie ne fait pas partie de la solution, elle continuera de faire partie du problème.»

L'Australie, qui a perdu 37 citoyens dans l'écrasement, a indiqué que le vote du Conseil de sécurité représente une réponse claire à un «geste complètement déplorable». Le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Frans Timmermans, s'est également rendu à New York pour le vote. Un total de 193 des 298 victimes étaient néerlandaises.

Avant le vote, M. Timmermans avait déclaré que «sa priorité, aujourd'hui, est de s'assurer que nos citoyens sont ramenés à la maison et son traités avec la dignité qu'ils méritent».

Par ailleurs, le premier ministre malaisien Najib Razak a affirmé que le leader des rebelles prorusses avait accepté de remettre les deux boîtes noires du vol 17 de Malaysia Airlines aux enquêteurs de la Malaisie qui se trouvent en Ukraine.

Les boîtes noires, qui pourraient permettre d'éclaircir les circonstances du drame ayant coûté la vie aux 298 passagers et membres d'équipage, devaient être remises à une équipe de la Malaisie à Donetsk, lundi soir.

M. Najib a aussi dit que les restes de 282 des 298 victimes se trouvant actuellement à Torez étaient transportés par train jusqu'à Kharkiv, en Ukraine, où ils seront remis aux autorités néerlandaises. Les restes seront ensuite transportés par les airs vers Amsterdam.

M. Najib a aussi dit avoir conclu une entente avec le leader des rebelles Alexandre Borodaï, lors d'un entretien par téléphone lundi soir, en vertu de laquelle des enquêteurs internationaux indépendants auront un «accès sécuritaire» au site de l'écrasement.

Les secours ont récupéré davantage de corps, lundi, dans les champs de l'est de l'Ukraine où s'est écrasé l'appareil de Malaysia Airlines, vraisemblablement abattu par un missile sol-air à partir d'un secteur contrôlé par les rebelles.

Un train réfrigéré transportant les corps de bon nombre des 298 personnes tuées dans le drame du vol 17 dans l'est de l'Ukraine est parti lundi après-midi d'une ville détenue par les rebelles.

Des enquêteurs néerlandais en médecine légale avaient appelé plus tôt lundi à une analyse complète du site. Ils avaient aussi affirmé à des séparatistes prorusses armés surveillant des wagons que le train devait être en mesure de partir d'ici quelques heures.

Les experts, spécialisés dans la localisation et l'identification des victimes, avaient exhorté les rebelles à sceller les wagons dans la ville de Torez, afin d'attester que le chargement n'est pas manipulé sans autorisation. Les enquêteurs ont grimpé à bord pour inspecter les wagons, entourés de rebelles armés à proximité.

Les efforts chaotiques de recherche ont été marqués lundi par une interruption de courant dans un train réfrigéré contenant plus de 200 corps. Un ingénieur ferroviaire a indiqué à l'Associated Press que le système de réfrigération des wagons avait cessé de fonctionner dans la nuit. Le système était reparti lundi matin.

Les travailleurs avaient empilé 21 sacs mortuaires noirs de plus sur le bord de la route, à Hrabove.

Des combats sévissaient encore lundi entre les rebelles séparatistes prorusses et les forces gouvernementales ukrainiennes dans la ville de l'est de Donetsk, détenue par les rebelles.

Des enquêteurs internationaux ne pouvaient encore compter que sur un accès limité au site de l'écrasement dans l'est de l'Ukraine.

À Washington, le président américain Barack Obama avait demandé à ce que les enquêteurs internationaux aient un accès complet au site de l'écrasement et avait accusé les séparatistes de retirer des éléments de preuve et d'obstruer le travail d'enquête.

Dans la ville de l'est de Kharkiv, contrôlée par les forces gouvernementales ukrainiennes, une autre équipe d'experts est arrivée au centre de crise du gouvernement s'attardant à l'écrasement de l'appareil. Le premier ministre Iatseniouk a affirmé que l'équipe était constituée de 23 Néerlandais, deux Allemands, deux Américains, un Britannique, et trois représentants de l'ambassade australienne.

Les États-Unis ont présenté dimanche ce qu'ils ont qualifié de preuves «fortes» montrant que les rebelles auraient abattu l'avion avec un missile sol-air fourni par la Russie.

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