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MH17: l'ONU condamne l'attaque, exige un accès libre au site du crash (résolution unanime)

21/07/2014 03:15 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

Les 15 membres du Conseil de sécurité, dont la Russie, ont exigé lundi que les séparatistes prorusses permettent un accès libre et sécurisé au site du crash du vol MH17 et qu'ils protègent "l'intégrité" des lieux.

Une résolution en ce sens, mise au point par l'Australie et coparrainée par 23 pays dont la France, les Etats-Unis, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, a été adoptée à l'unanimité.

Dans ce texte, le Conseil "condamne avec la plus grande fermeté" l'attaque qui a abattu l'avion malaisien dans l'est de l'Ukraine et réclame que les responsables rendent des comptes.

Il demande à tous les pays de la région, dont la Russie, de collaborer pleinement à "une enquête internationale exhaustive, minutieuse et indépendante".

Il exige un cessez-le-feu immédiat, notamment de la part des séparatistes, "dans le voisinage immédiat" du site du crash pour faciliter cette enquête.

Le vote a eu lieu en présence du ministre néerlandais des Affaires étrangères Frans Timmermans et de ses homologues australien et luxembourgeois, Julie Bishop et Jean Asselborn.

Les Pays-Bas ont perdu 193 ressortissants et l'Australie 27 dans cette catastrophe qui a fait au total 298 morts.

Pour les Australiens, a déclaré Mme Bishop, "le deuil se mêle à la colère". Elle a qualifié de "scandale absolu" l'attaque contre l'avion de Malaysia Airlines et a fustigé "les violations grotesques" commises sur le site du crash par les rebelles prorusses.

"Nous n'aurons de cesse de ramener chez elles" les restes des victimes, a-t-elle ajouté. "Nous réclamons des réponses, nous demandons justice".

M. Timmermans a exprimé le "deuil, la colère et le désarroi" de son pays devant la catastrophe et devant "la lenteur exaspérante" de la récupération des corps. "Utiliser des restes humains dans un jeu politique est méprisable", a-t-il lancé. Il a "demandé à la communauté internationale (...) de nous permettre de ramener sans plus attendre les restes des victimes chez elles, auprès de leurs proches".

Mme Bishop et M. Timmermans ont tous deux mis la Russie en demeure de faire pression sur les séparatistes. "Il incombe à la Russie et aux autres parties de s'assurer que cette résolution est appliquée", a affirmé Mme Bishop devant les journalistes. M. Timmermans a "souhaité que la Russie prenne conscience de sa responsabilité, qu'elle l'assume".

M. Asselborn a appelé lui aussi Moscou à "user de son influence" sur les séparatistes afin qu'ils "cessent leur manoeuvres sordides pour empêcher une enquête".

La résolution exige que les séparatistes laissent aux enquêteurs "plein accès, en toute sécurité et sans entraves" au site de la catastrophe et à ses environs.

Le Conseil "exige" aussi que les séparatistes "s'abstiennent de toute action susceptible de compromettre l'intégrité" du site, notamment en manipulant des débris de l'appareil.

Les 15 pays membres "insistent" pour que les corps des victimes soient traités avec dignité, respect et professionnalisme.

Cette résolution n'est cependant assortie d'aucune sanction ou menace de sanction contre les récalcitrants.

Le texte original rédigé par l'Australie a été remanié deux fois pour amadouer la Russie, qui veut en particulier s'assurer que l'Ukraine ait le moins de rôle possible à jouer dans l'enquête.

Le terme anglais utilisé initialement pour le crash, qui suggérait un "tir" ("shooting") de missile contre l'avion, a aussi été remplacé par une formule plus vague ("destruction de l'appareil").

Washington accuse les séparatistes d'avoir abattu l'avion à l'aide d'un missile sol-air fourni par les Russes alors que Moscou dément toute implication.

Pour l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, c'est l'Organisation de l'aviation civile internationale qui doit diriger l'enquête.

M. Tchourkine a critiqué l'intervention de son homologue américaine Samantha Power, la qualifiant de "farce". Mme Power a souligné que le Conseil n'aurait pas eu à voter une résolution si Moscou avait fait pression sur les séparatistes et a affirmé que la Russie ne souhaitait pas une "véritable enquête".

Les membres du Conseil avaient déjà réclamé vendredi une enquête internationale sur le crash, dans une déclaration unanime.

avz/gde

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