POLITIQUE

La mairesse de La Prairie, Lucie F. Roussel, succombe à des piqûres de guêpes

21/07/2014 11:27 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT
Ville de La Prairie

MONTRÉAL - La mairesse de La Prairie, Lucie F. Roussel, est morte dimanche après avoir marché sur un nid de guêpes, ont confirmé lundi les autorités de la municipalité située en banlieue sud de Montréal.

La mairesse, âgée de 51 ans, faisait du jardinage à son chalet des Cantons-de-l'Est lorsqu'elle a été piquée par plusieurs guêpes. Son décès a été constaté en après-midi à l'hôpital de Thetford Mines.

Selon la responsable des communications de la Ville de La Prairie, Chantal Charron, la mairesse Roussel n'était pas allergique aux piqûres de guêpes.

«Elle a été piquée à plusieurs endroits sur les jambes — à peu près une quinzaine de fois, selon ce qu'on présume. Elle a été intoxiquée par le nombre (de piqûres). Quand les ambulanciers sont arrivés, ils ont tenté de lui administrer l'Epipen (une injection d'adrénaline), mais rien n'a pu la sauver», a résumé Mme Charron en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

Le directeur général de la municipalité, Jean Bergeron, a admis qu'il était «en état de choc» de voir disparaître aussi subitement une femme «intègre» et «impliquée», qu'il a côtoyée pendant de nombreuses années.

«Perdre une personne comme ça, c'est difficile. C'est traumatisant», a-t-il soufflé.

Piqûres mortelles

Il se peut, comme le croit l'entourage de la défunte mairesse, que celle-ci ne souffrait pas d'allergies au venin de guêpe.

Dans ces circonstances, son décès peut sembler étonnant. Si la chose est effectivement rare, elle n'est malheureusement pas impossible, a indiqué Anne Des Roches, allergologue en chef au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine.

«Si on se fait piquer par plusieurs guêpes en même temps, on se trouve à recevoir une dose importante de venin, dans lequel il y a plein de produits inflammatoires et d'enzymes. Cela peut donner une réaction aussi sévère qu'une réaction allergique», a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique.

La toxicité et la composition du venin peuvent faire également en sorte que celui-ci se retrouve dans la circulation sanguine et provoque une réaction d'allure allergique n'en étant pas vraiment une, a précisé la Dre Des Roches.

À cela s'ajoute le fait qu'il peut arriver qu'une personne devienne allergique dès une première piqûre, a-t-elle poursuivi.

Les causes de décès peuvent ainsi être dues à un arrêt respiratoire ou à une hypotension, c'est-à-dire un ralentissement cardiaque qui provoque une chute de pression suffisante pour causer la mort.

Heureusement, en raison de la courte durée de la saison estivale au Québec, les décès liés aux piqûres de guêpes demeurent rares, a fait remarquer la Dre Des Roches. De plus, on évalue à un pour cent le pourcentage de la population qui est allergique au venin de guêpe.

«Une grande perte»

Élue à la mairie de La Prairie en 2005, Lucie F. Roussel en était à son troisième mandat. Elle avait été auparavant conseillère municipale de novembre 1999 à novembre 2005, tout en agissant comme mairesse suppléante de 2003 à 2005.

Après plusieurs années passées en politique municipale, l'avocate de profession avait tenté de faire le saut dans l'arène provinciale en 2012 dans la circonscription de La Prairie, sous la bannière du Parti libéral du Québec. Elle était arrivée en troisième position, avec 25,5 pour cent des voix, derrière le caquiste Stéphane Le Bouyonnec et le péquiste Pierre Langlois.

Les réactions à l'annonce de son décès ont fusé de toutes parts dans le monde politique, lundi.

La présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, qui partage un cheminement politique similaire à celui de Mme Roussel, s'est dite profondément attristée de la disparition de sa collègue.

«C'était une femme dynamique. Elle faisait de la politique parce qu'elle croyait aux familles, elle croyait qu'elle pouvait changer son milieu de vie. Sa stimulation politique était d'abord et avant tout axée sur l'humain», a fait valoir celle qui occupe le poste de première magistrate de Sainte-Julie, aussi sur la Rive-Sud de Montréal.

Le maire de Brossard, l'une des villes limitrophes, a parlé d'une «grande perte» pour les citoyens de La Prairie et pour la politique municipale. «C'était une excellente mairesse, une femme passionnée par son travail qui a transformé sa ville», a affirmé son homologue Paul Leduc.

D'autres politiciens, dont le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le maire de Montréal, Denis Coderre, et la mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, ont publié leurs condoléances sur le réseau social Twitter, lundi.

Les drapeaux de la municipalité de La Prairie ont été mis en berne en mémoire de Mme Roussel, qui laisse dans le deuil ses deux enfants, Constance, 18 ans, et Antonin, 19 ans. Ces derniers étaient déjà orphelins de père, le conjoint de la mairesse étant décédé subitement à la suite d'un malaise cardiaque il y a environ quatre ans.

Les détails concernant ses obsèques seront annoncés sous peu.

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Ils sont décédés en 2014