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L'Etat islamique vend du pétrole syrien à des négociants irakiens (ONG)

21/07/2014 09:33 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

Les jihadistes de l'État islamique (EI) vendent du pétrole et du gaz liquide extraits de champs sous leur contrôle en Syrie à des négociants irakiens qui les transportent quotidiennement dans des camions-citernes vers l'Irak, selon une ONG.

L'EI, un groupe ultra-radical qui s'est emparé de larges pans de territoires en Syrie et en Irak, contrôle depuis début juillet la totalité des champs pétroliers de la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie et frontalière de l'Irak.

"Des camions-citernes immatriculés en Irak ont effectué des chargements ces derniers jours dans les champs pétroliers situés dans la province de Deir Ezzor, avant de transporter leur cargaison de pétrole vers des régions de l'ouest de l'Irak", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon l'ONG, "ces camions-citernes appartiennent à des négociants irakiens venus acheter du pétrole sur les champs contrôlés par l'EI", notamment ceux d'Al-Omar et d'Al-Tanak, les plus grands de Syrie.

D'après le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "un nombre considérable de camions-citernes traversent (la frontière) chaque jour", précisant que "le baril de pétrole est vendu aux commerçants irakiens à des prix allant de 20 à 40 dollars".

"D'autres camions-citernes ont été vu pénétrer dans l'usine de gaz de Koneko à Deir Ezzor pour charger du condensat de gaz naturel (liquide) et le transporter vers l'Irak à travers les régions contrôlées par l'EI", a-t-il ajouté.

Une grande partie de la frontière entre l'Irak et la Syrie est sous le contrôle du groupe jihadiste.

L'OSDH indique par ailleurs que l'EI, après s'être emparé de champs pétroliers syriens, a commencé à vendre du pétrole à des prix bas, allant de 12 à 18 dollars, dans les régions qu'il contrôle "afin de s'attirer le soutien de la population locale". Le baril de pétrole s'échange sur le marché mondial à plus de 100 dollars.

La production pétrolière en Syrie, une des principales sources de devises avant le conflit, s'est effondrée de 96% depuis le début des violences en mars 2011.

Au départ favorablement accueilli par les rebelles qui tentent depuis trois ans de renverser le régime de Bachar al-Assad, le groupe est depuis entré en guerre contre les insurgés qui l'accusent des pires atrocités et dénoncent ses volontés hégémoniques.

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