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Le boeuf est plus nocif pour l'environnement que les autres protéines

21/07/2014 05:52 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - L'élevage du boeuf dont la viande se retrouvera dans les assiettes nord-américaines est beaucoup plus nocif pour l'environnement que la production de porc, de volaille, d'oeufs ou de produits laitiers, selon une nouvelle étude.

Comparativement aux autres protéines animales, le boeuf émet cinq fois plus de gaz retenant la chaleur par calorie, six fois plus d'azote qui pollue les eaux, utilise 11 fois plus d'eau et nécessite des terres 28 fois plus vastes, selon l'étude publiée lundi dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences.

Les boeufs ne sont pas efficaces pour convertir leur nourriture en protéine pour consommation humaine, selon l'auteur principal de l'étude, Gidon Eshel, professeur de physique de l'environnement au collège Bard de New York.

M. Eshel a utilisé des données du gouvernement américain pour calculer les émissions dans l'air et les eaux, en plus du volume d'eau et de l'étendue de terres utilisés dans la production du boeuf, du porc, de la volaille, des produits laitiers et des oeufs.

D'autres études s'étaient déjà penchées sur la question auparavant, mais il s'agit de l'une des recherches les plus complètes permettant de quantifier et de comparer les coûts environnementaux, aux États-Unis, des différentes viandes et autres protéines animales.

L'Association nationale des producteurs de boeuf a cependant indiqué que l'étude «représente une grossière simplification des systèmes complexes formant la chaîne de production du boeuf».

L'étude a révélé que l'empreinte écologique associée à la production de porc, de volaille, de produits laitiers et d'oeufs était comparable, mais que celle du boeuf était de beaucoup supérieure.

L'étude ne s'est pas penchée sur la production de végétaux ou la pêche pour consommation humaine.

Les boeufs émettent une grande quantité de méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone. Leur système digestif leur fait produire beaucoup plus de méthane que les cochons, les poules ou les dindes, explique M. Eshel. Le fumier utilisé pour faire pousser l'herbe qu'ils consomment émet également du méthane, tout comme les déchets corporels des animaux mêmes.

«Il semble que le boeuf est beaucoup plus nocif pour l'environnement que les autres viandes», a confirmé Ken Caldeira, scientifique spécialisé en environnement de la Carnegie Institution for Science. M. Caldeira n'a pas participé à cette étude, mais il en a mené une autre sur les gaz à effet de serre émis par la production du boeuf, publiée ce mois-ci dans le journal Climatic Change.

M. Eshel estime qu'un Américain moyen qui choisit de consommer du porc au lieu du boeuf réduira les émissions de dioxyde de carbone d'environ 1200 livres par année. M. Caldeira a quant à lui calculé que «manger une livre de boeuf émet plus de gaz à effet de serre que brûler un gallon d'essence».

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