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La Russie, cible des sanctions canadiennes après le crash du MH17

21/07/2014 12:34 EDT | Actualisé 20/09/2014 05:12 EDT

Le Canada va prendre de nouvelles sanctions contre des intérêts russes de concert avec les Occidentaux à la suite du crash de l'avion malaisien dans l'est de l'Ukraine, a indiqué lundi le Premier ministre Stephen Harper.

"Le geste criminel révoltant d'abattre un avion de ligne civil la semaine dernière découle des actes d'agression militaire perpétrés par la Russie et par l'occupation illégale de l'Ukraine", a déclaré le chef du gouvernement canadien.

En conséquence, "le gouvernement du Canada imposera de nouvelles sanctions contre une vaste gamme d'entités liées à divers secteurs russes", a souligné M. Harper dans un communiqué.

Le Canada, qui devait annoncer le détail des sanctions plus tard lundi, a assuré que ses "partenaires et alliés internationaux les plus proches" lui emboîteront le pas.

"Le fait que près de 200 Européens aient perdu la vie dans cette terrible tragédie encouragera ceux qui ont été jusqu'ici les moins enthousiastes à l'idée d'une approche ferme vis-à-vis de la Russie", a estimé lundi John Baird, le ministre canadien des Affaires étrangères.

Dès jeudi, le Canada avait pointé la responsabilité russe dans l'accident de l'avion assurant le vol MH17 de la Malaysia Airlines, vraisemblablement abattu par un missile dans l'est de l'Ukraine, et qui a fait 298 victimes.

"Tout ceci a commencé avec l'arrivée de troupes russes portant des cagoules en Crimée, province sous souveraineté territoriale de l'Ukraine" l'hiver dernier, a indiqué M. Baird en affirmant que la Russie était "derrière le conflit".

"La Russie et son président (Vladimir Poutine, ndlr) devront faire face à leurs responsabilités pour les actes qu'ils ont déclenchés", a-t-il ajouté lors d'un point de presse téléphonique depuis Londres.

John Baird a jugé que sur le long terme, les sanctions économiques finiraient par faire plier la Russie.

Depuis le déclenchement du conflit en Ukraine et le rattachement en mars de la Crimée à la Russie après un référendum jugé "illégal" par Kiev et les Occidentaux, le Canada a pris des sanctions contre 110 ressortissants russes ou ukrainiens prorusses.

Les prochaines sanctions vont viser "de nouvelles personnes et entités", a précisé John Baird. Interrogé sur l'objectif de sanctions contre un secteur ciblé de l'économie russe, M. Baird a expliqué que le Canada attendait pour cela ce qui viendrait des Etats-Unis et de la réunion mardi des ministres européens des Affaires étrangères. Les observateurs estiment que les Occidentaux pourraient prendre des mesures de rétorsion contre le secteur pétrolier et gazier russe.

Le ministre canadien des Affaires étrangères est en Europe pour s'entretenir avec certains de ses homologues européens. Le Canada souhaite que les sanctions prises après la consultation de ses "partenaires de la communauté internationale" soient appliquées très vite pour avoir un "maximum d'impact", a-t-il dit.

Par ailleurs, Stephen Harper a jugé "impératif que les enquêteurs aient pleinement accès, sans entrave, au lieu du crash de l'avion de ligne malaisien abattu".

mbr/sam

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