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Gala Hommage Juste pour rire: bonheur et nervosité pour Gilles Latulippe

21/07/2014 01:01 EDT | Actualisé 21/07/2014 01:02 EDT
Denis Beaumont / La Presse Canadienne

Comment se sent Gilles Latulippe à l’idée de penser que Juste pour rire lui rendra hommage ce soir? Content, mais nerveux.

«Lundi, vous penserez à moi et vous direz: "Le bonhomme, il est nerveux!"», lance l’homme en éclatant de rire. «Quand Stéphan (Bureau) m’a téléphoné pour me dire que Juste pour rire pensait à moi pour être "l’hommagé" de cette année, je lui ai dit d’y repenser une deuxième fois et de me rappeler une semaine ou deux plus tard. Finalement, il m’a rappelé, et j’ai dit: "Vous n’avez pas trouvé personne d’autre?" (rires)»

«Mais j’ai dit oui et, depuis ce temps-là, je suis inquiet. Parce que, normalement, je suis en contrôle des émissions que je fais, des spectacles que je monte. Mais là, je suis laissé à l’écart. Qui sera là? Qu’est-ce qu’on va faire, qu’est-ce qu’on va dire? Je suis content, mais je suis inquiet.»

Le mandat était lourd pour Stéphan Bureau et toute l’équipe du Gala Hommage, qui a dû passer au peigne fin les cinq décennies et demie de carrière de monsieur Latulippe pour concocter cette soirée spéciale.

«C’est flatteur de penser qu’après 55 ans de carrière, on est toujours sur la mappe, remarque le principal intéressé. C’est inespéré!»

L’amour du public

Or, même après tout ce temps, Gilles Latulippe estime n’avoir encore qu’un seul grand patron: le public. Et c’est à lui qu’il pense chaque fois qu’il apprend ses textes, revêt ses costumes et monte sur les planches.

«Si le public dit non, vous n’êtes pas là. Personne n’a fait une carrière sans public. J’ai toujours eu un respect extraordinaire pour le public. C’est lui, le patron. Il n’y a rien de plus important. Chaque soir, il faut donner 100% de soi-même pour lui. On ne peut pas faire ce métier-là en se disant que ce n’est pas grave. Dans la salle, il y a peut-être quelqu’un qui te voit pour la première fois… et quelqu’un qui te voit pour la dernière fois. Il faut que tu sois bon!»

Mais rien à craindre. Pour la légende du burlesque, la flamme est encore bien allumée, vigoureuse, et ne semble pas près de s’éteindre. À 76 ans, Gilles Latulippe est en pleine forme et toujours actif. Il passe tous ses hivers en Floride, mais, l’été venu, il monte depuis 20 ans sur la scène du théâtre de la Maison des arts de Drummondville. Cette année, il y joue la pièce Salut cocu!

«C’est ma 20e année, je ne pouvais quand même pas arrêter à 19», blague l’artiste.

D’ailleurs, ce dernier se considère davantage comme un acteur que comme un humoriste, même s’il a été de ceux qui ont contribué à faire tomber les barrières entre ces deux métiers.

«Je suis d’abord un acteur. Quand j’ai commencé, à 20 ans, des rôles d’acteur, il n’y en avait pas beaucoup, à la télévision. À l’époque, il y avait seulement Radio-Canada. Pour travailler, il a fallu que je devienne un comique de cabaret. Alors, j’ai monté des spectacles de cabaret et j’en ai fait pendant des années. Ensuite, en 1959, j’ai joué comme acteur dans Bousille et les justes, et ça n’a jamais arrêté.»

Le Gala Juste pour rire Hommage à Gilles Latulippe est présenté ce lundi, 21 juillet, à 20h, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

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