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Gala Hommage à Gilles Latulippe: l'incontournable à saluer

21/07/2014 12:50 EDT | Actualisé 21/07/2014 12:50 EDT
PC

Cré Basile, Symphorien, le Théâtre des Variétés… Le terrain de jeu est immense pour Stéphan Bureau et toute l’équipe du Gala Hommage Juste pour rire 2014, qui lèvera ce soir son chapeau à Gilles Latulippe. À 76 ans, avec 55 ans de métier derrière lui, toujours actif, celui qui a donné ses lettres de noblesse aux variétés sur les planches québécoises s’imposait comme un incontournable à saluer. Et Juste pour rire avait Gilles Latulippe dans son collimateur depuis longtemps.

«Ça faisait longtemps qu’on y pensait, avoue Gilbert Rozon, président-fondateur de Juste pour rire. Chaque année, on avait des contraintes de disponibilités, d’autres anniversaires à célébrer. Yvon Deschamps avait annoncé sa retraite, Denise Filiatrault allait avoir 80 ans, Jean-Marc Parent célébrait ses 25 ans de carrière… On rend hommage à une personne par année et, certaines fois, on aurait pu, et dû, en faire trois. Mais le travail que ça requiert est tellement monstrueux… Là, on s’est dit qu’il fallait le faire, que c’était urgent. On avait beaucoup de pression autour de nous. Gilles Latulippe a tellement un grand fan club!»

«Quand je lui ai téléphoné, Gilles a réagi de façon modeste, en me disant de continuer d’y penser et de le rappeler une semaine plus tard si j’étais toujours convaincu, enchaîne Stéphan Bureau, animateur et concepteur du Gala Hommage. La vérité, c’est qu’on était convaincus depuis des années, mais on hésitait, parce qu’on était gênés. On avait peur que ça ne soit pas assez bon. Mais c’est une vérité: ce n’est plus un jeune homme, même s’il est encore très présent, vigilant, qu’il travaille toujours et qu’il est encore très actif. Pour la crédibilité de la franchise Juste pour rire, il était temps que Gilles Latulippe soit sur notre marquise, aux côtés des Dodo, Denise, RBO, Claude Meunier, Jean-Marc Parent…»

Les codes du vaudeville

Et de quoi sera fait ce spectacle, qu’on imagine bien sûr empreint de l’esprit du burlesque et du vaudeville? Les possibilités ne manquent pas. Mais interdit de dévoiler quoi que ce soit à l’avance, pour éviter de gâcher les surprises qu’on réserve au fêté.

«C’est un tel monument qu’on ne sait plus par quel bout le prendre, s’exclame Gilbert Rozon. Il a fait tellement de sitcoms, il a été de tous les grands succès au Québec, à commencer par Cré Basile! Il a quasiment écrit l’histoire du théâtre burlesque, il en a été un fil rouge. Il a fait toutes les grandes émissions de variétés, il a le respect de ses pairs… C’est très important pour nous, le regard des professionnels sur les autres artistes. Car les professionnels ont, à juste titre, un regard plus pointu sur le métier.»

Aux yeux de Stéphan Bureau, deux grands aspects se dégagent de la carrière de monsieur Latulippe.

«C’est d’abord un grand talent qui a fait des choses remarquables dans l’histoire de notre culture populaire. Il a eu une présence presque ininterrompue à la télévision pendant 25 ans. Dans ma jeunesse, Symphorien était un rendez-vous incontournable. Si j’avais pu imaginer, moi, quand j’étais jeune, que je rendrais un jour hommage à Symphorien, je trouve ça hallucinant!»

«Mais, au-delà de sa participation active comme talent, c’était et c’est encore un homme de mémoire, qui a fait vivre, au Théâtre des Variétés, des gens qui ne travaillaient plus. Tous les soirs, le Théâtre des Variétés rendait hommage à un genre qui était déjà mort, et il l’a ressuscité. On rend hommage à l’artiste, et à quelqu’un qui a eu la sagesse de faire vivre toute une génération de grands talents, qui n’avaient plus de tribune pour s’exprimer.»

Stéphan Bureau le répète à chaque année: monter le Gala Hommage est un exercice titanesque, qui demande une somme colossale de recherches.

«C’est un exercice de création pure, où on part d’un personnage, d’une œuvre, qu’on revisite de façon moderne et contemporaine. Parfois, on refait un texte intégral ou on donne un coup de jouvence à de vieilles choses. C’est l’architecture du Gala Hommage. Avec Gilles Latulippe, on va s’amuser avec les codes du vaudeville. Notre plus grand défi, c’est de réconcilier son public à lui – qui est fidèle en tabarnouche! – et les jeunes, qui ne le connaissent pas naturellement.»

Le Gala Juste pour rire Hommage à Gilles Latulippe est présenté ce lundi, 21 juillet, à 20h, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

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