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Violents bombardements israéliens de Gaza, au moins 50 morts dimanche

20/07/2014 06:57 EDT | Actualisé 19/09/2014 05:12 EDT

Des milliers d'habitants fuyaient dimanche le secteur de Chajaya, à l'est de la ville de Gaza, où de nombreux morts et blessés jonchaient les rues, après une nouvelle intensification de l'offensive israélienne sur l'enclave palestinienne contrôlée par le Hamas.

Le Hamas et Israël ont annoncé avoir accepté une demande du Comité international de la Croix Rouge (CICR)d'observer une trêve humanitaire entre 13H30 et 15H30 (locales) à Chajaya, où les bombardements israéliens ont fait au moins 40 morts dimanche.

Sur le front diplomatique, les efforts se poursuivaient en vue d'une trêve. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est attendu dimanche dans la région, tandis qu'une rencontre est prévue au Qatar entre le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef en exil du mouvement islamiste Hamas, Khaled Mechaal.

L'armée israélienne a annoncé l'intensification de son offensive terrestre, lancée jeudi, pour neutraliser les tirs de roquettes et les tunnels sous-terrains du mouvement palestinien. Ses bombardements ont fait au moins 50 morts au total dimanche dans la bande de Gaza.

Des milliers d'habitants tentaient eux de fuir Chajaya, un secteur proche de la frontière israélienne que les ambulances peinaient à atteindre en raison de l'intensité du pilonnage. Un ambulancier et un caméraman palestinien ont notamment été tués.

- 'Derrière les lignes ennemies' -

Ce conflit, le plus sanglant depuis 2009 dans l'enclave palestinienne sous blocus depuis des années, est le quatrième entre le Hamas et Israël en moins d'une décennie. Il a fait au moins 393 morts côté palestinien depuis le début de l'offensive israélienne il y a 13 jours, dont 50 dimanche, selon les secours.

L'armée israélienne a reconnu la mort de cinq soldats, notamment en repoussant samedi un commando palestinien qui s'était infiltré en Israël via un tunnel, alors que 55 autres ont été blessés.

La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué des opérations "derrière les lignes ennemies", en territoire israélien, affirmant avoir tué 11 soldats. Deux civils israéliens ont également été tués depuis le 8 juillet.

Le ministre israélien des Finances de Naftali Bennett a déclaré à la radio que les tunnels creusés par le Hamas étaient destinés à "attaquer simultanément sept à huit kibboutz" (village coopératif), affirmant qu'Israël était "prêt à payer un prix terrible pour éviter que des civils israéliens soient victimes d'une telle catastrophe".

L'armée israélienne a fait état de 70 "terroristes" tués depuis jeudi et treize tunnels mis au jour. Par ailleurs, près de 60 roquettes ont frappé Israël samedi, soit 1.333 impacts depuis le début de l'offensive israélienne le 8 juillet.

Israël a mobilisé 53.200 hommes sur les 65.000 réservistes autorisés par le gouvernement pour l'offensive sur cette petite bande de terre de 362 km2 où s'entassent dans la misère 1,8 million d'âmes, soit l'une des densités de population les plus fortes au monde.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné ne pas pouvoir garantir le succès de l'opération militaire.

La communauté internationale n'a cessé d'appeler Israël à préserver la vie des habitants, alors que selon l'ONU plus des trois-quarts des victimes sont civiles. Mais pour l'Etat hébreu, le Hamas se sert de la population comme d'un bouclier humain.

L'ONU à Gaza a pour sa part indiqué accueillir désormais plus de 63.000 personnes déplacées, plus que durant le conflit de 2008-2009 qui avait fait 1.400 morts palestiniens.

- Stratégie de sortie -

Dans l'espoir d'obtenir un cessez-le-feu, le président Abbas devait rencontrer dimanche à Doha le chef en exil du Hamas qui réclame la levée complète du blocus de Gaza, l'ouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte et la libération de prisonniers. Une proposition égyptienne de cessez-le-feu avait été rejetée par le mouvement islamiste palestinien.

Sur le plan diplomatique, Ban Ki-moon était attendu dimanche dans la région. Lors d'une brève visite en Israël, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a insisté sur l'"absolue priorité" de parvenir à une trêve.

La presse israélienne continuait de soutenir largement l'offensive, mais certains titres s'interrogeaient de savoir si le gouvernement était véritablement préparé à tous les scénarios.

"Nous avons besoin de courage, nous avons besoin d'un engagement physique, frontal, réel au coeur du Hamas, dans ses tanières (...) Oui, cela va entraîner des pertes de notre côté", martèle Ben Caspit dans le journal Ma'ariv, "c'est votre responsabilité d'y arriver" lance-t-il à M. Netanyahu.

Selon Nahum Barnea dans Yedioth Ahronoth, le gouvernement s'interroge encore de savoir s'il faut s'enfoncer plus dans Gaza ou limiter les opérations: "La question d'une stratégie de sortie a fait l'objet de discussions interminables qui n'ont pas abouti à une décision réelle".

bur-alf/feb

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