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Soudan: l'ambassadeur britannique espère une enquête "correcte" sur l'agression d'un journaliste

20/07/2014 10:57 EDT | Actualisé 19/09/2014 05:12 EDT

L'ambassadeur britannique au Soudan a espéré dimanche une enquête "correcte" sur l'agression du rédacteur en chef d'un quotidien soudanais, violemment battu par des hommes armés après avoir appelé à une normalisation des relations de son pays avec Israël.

Plusieurs hommes ont fait irruption samedi dans les locaux du quotidien Al-Tayar et ont violemment agressé le rédacteur en chef Osmane Mirghani, hospitalisé depuis.

"J'espère qu'il y aura une enquête correcte pour découvrir ce qui s'est passé", a déclaré à la presse l'ambassadeur britannique Peter Tibber devant l'hôpital Al-Zaytouna, dans le centre-ville de Khartoum, où M. Mirghani était soigné, conscient.

La famille du journaliste se trouve à ses cotés, a précisé M. Tibber, espérant "qu'il sortira bientôt et qu'il sera remis pour l'Aïd" el-Fitr, qui marque la fin du mois du ramadan fin juillet.

Les journalistes déplorent régulièrement la censure exercée par le puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS), mais les violences physiques sont inhabituelles au Soudan.

Environ sept hommes armés ont fait irruption dans les bureaux du journal peu avant l'heure de la rupture du jeûne, a raconté Faisal Mohamed Salih, lauréat 2013 du prix Peter Mackler de Journalisme éthique et courageux et l'un des défenseurs des droits de la presse au Soudan, citant d'autre rédacteurs du quotidien.

"Ils sont ordonné aux journalistes de se coucher au sol, ont ramassé tous les téléphones portables et tous les ordinateurs portables et ont coupé toutes les liaisons internet avant de se rendre dans le bureau d'Osmane Mirghani", a-t-il ajouté.

M. Mirghani a reçu des coups "à la tête et sur une jambe avec des armes à feu et des bâtons", a-t-il précisé.

Quelque 300 journalistes soudanais se sont rassemblés dimanche devant les locaux d'Al-Tayar pour protester contre cette agression.

M. Mirghani avait appelé dans la semaine, sur une chaîne de télévision locale, à normaliser les relations de son pays avec Israël.

Cette déclaration intervenait alors qu'Israël mène depuis le 8 juillet une offensive contre la bande de Gaza, où plus de 425 Palestiniens, en majorité des civils dont de nombreux enfants, ont été tués.

Des responsables israéliens accusent depuis longtemps le Soudan de servir de base de soutien à des activistes du Hamas, le mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

it/ps/emb/cbo

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