NOUVELLES

Ouverture de la conférence sur le sida avec un hommage aux morts du vol MH17

20/07/2014 07:16 EDT | Actualisé 19/09/2014 05:12 EDT

La conférence internationale sur le sida s'est ouverte dimanche en Australie par un hommage rendu aux spécialistes morts dans le crash du MH17, et par la promesse de terrasser une épidémie qui a tué deux fois plus de personnes que la Première guerre mondiale.

Des milliers d'experts, chercheurs, praticiens et activistes, se sont levés pour une minute de silence lors de l'ouverture officielle de la 20e conférence sur le sida, qui se tient cette année à Melbourne (sud).

Ils ont ainsi rendu hommage aux six experts et activistes à bord du Boeing de Malaysia Airlines, abattu probablement par un missile, jeudi dans l'est de l'Ukraine.

Parmi eux, Joep Lange, un Néerlandais, éminent spécialiste de la lutte contre l'épidémie, qui avait présidé de 2002 à 2004 la Société internationale sur le sida, organisatrice de la conférence mondiale sur le sida.

"Que notre silence représente notre tristesse, notre colère et notre solidarité", a déclaré la scientifique française Francoise Barre-Sinoussi, co-lauréate du Nobel de médecine pour la découverte du virus.

Des centaines de participants avaient noué un petit ruban rouge --symbole de la lutte contre le sida-- sur des panneaux dédiés aux disparus. Une veillée aux chandelles se déroulera mardi soir sur la grand place de Melbourne.

Des centaines de séminaires, conférences et ateliers sont prévus pendant les cinq jours de la réunion internationale, reflétant ainsi l'empreinte qu'a imprimée la pandémie sur la santé, mais aussi sur les moeurs, les lois, la lutte contre la discrimination et la gouvernance des pays, depuis le premier cas il y a 33 ans.

Plus de 12.000 participants sont attendus à cet événement qui a lieu tous les deux ans.

- 35 millions de personnes infectées -

Le nombre de décès dus au sida dans le monde a nettement reculé en 2013, avec 1,5 million de morts (-11,8% en un an), soit la plus forte chute depuis le pic de l'épidémie en 2005, selon l'Onusida, le programme qui coordonne l'action des différentes agences de l'Onu sur le sujet.

Le monde compte actuellement 35 millions de personnes infectées, dont 2,1 millions qui ont contracté la maladie en 2013.

Parmi les plus grandes inventions pharmaceutiques, les traitements antirétroviraux (ARV) qui répriment le virus du sida (VIH) sont de plus en plus accessibles à ceux qui en ont besoin, et leur usage, à titre préventif, est exploré.

En 2013, près de 13 millions de personnes des pays pauvres avaient accès à ces antirétroviraux, contre 1,3 million seulement en 2005.

A cela s'ajoutent les campagnes en Afrique subsaharienne pour promouvoir la circoncision masculine, qui permet de réduire notablement la contamination sexuelle des hommes.

Mais la conférence transmettra aussi la colère contre les lois qui stigmatisent l'homosexualité en Afrique ou punissent les usagers de drogues dans l'ex-Union soviétique, une répression étendue à la Crimée annexée par la Russie.

Depuis le premier cas, en 1981, quelque 78 millions de personnes ont été infectées par le virus du sida, qui détruit le système immunitaire du corps humain et le laisse vulnérable à plusieurs maladies graves, dont la tuberculose ou la pneunomonie.

Environ 39 millions sont mortes, selon les estimations de l'Onu, soit plus de deux fois plus que le bilan de la Première guerre mondiale, estimé par les historiens entre 15 et 17 millions.

ri/fmp/ml

PLUS:hp