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Liban: deux suspects arrêtés après la vidéo d'un enfant battu (agence)

20/07/2014 04:32 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:12 EDT

Le père et le cousin d'un enfant libanais apparu dans une vidéo choquante en train de battre un garçonnet syrien sous leurs encouragements ont été arrêtés, a rapporté dimanche l'Agence nationale d'information (ANI).

La vidéo qui a circulé samedi, provoquant l'indignation sur les réseaux sociaux, montre un enfant, identifié par la police comme un garçon de deux ans dénommé Abbas, en train de battre un garçon syrien de neuf ans, Khaled, encouragé par ses proches.

"Après une enquête et un recoupement des informations recueillies de militants sur les réseaux sociaux, (...) le père du garçon Abbas (...) et son cousin, soupçonné d'avoir filmé l'agression, ont été arrêtés", selon un communiqué des Forces de sécurité intérieure (FSI), repris par l'ANI.

Sur cette vidéo, l'enfant Abbas frappe Khaled avec une matraque, lui assenant un coup de poing au visage et un coup de pied dans les tibias alors que des adultes et des enfants qui n'apparaissent pas sur la vidéo l'encouragent à frapper plus fort.

La victime tente de se protéger avec ses bras mais une voix masculine adulte lui ordonne de les baisser avant de demander à Abbas de le frapper à nouveau. "Abbas, frappe-le, n'aie pas peur", ordonne la voix.

Abbas reçoit l'ordre de donner une gifle au garçon et s'exécute, puis de le frapper à l'estomac, comme s'il s'agissait d'un jeu.

La victime gémit, se met à genoux, implore Dieu et tente de nouveau de se protéger des coups. D'autres voix s'exclament alors: "ce n'est pas assez fort".

La police précise que l'agression et les arrestations ont eu lieu à Ramel al-Ali, un secteur de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah chiite allié du régime syrien.

La vidéo a été mise en ligne par le site libanais www.yasour.org qui dit l'avoir obtenue d'un téléphone portable.

"Lorsque j'ai vu cette vidéo honteuse, pour la première fois, j'ai eu honte d'être libanais", a réagi un utilisateur de Facebook. Un autre a accusé la famille d'Abbas "d'élever l'enfant de manière à en faire un raciste dès son plus jeune âge".

La police n'a pas confirmé si le petit syrien était un réfugié mais le ministre de la Justice avait indiqué samedi qu'il vivait probablement avec sa famille dans la Békaa (est) où de nombreux réfugiés syriens habitent dans des camps de misère.

Le Liban abrite un million de réfugiés ayant fui la guerre en Syrie, soit le quart de sa population.

ram/faa

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