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Gala Juste pour rire Charles Lafortune: cynisme, autodérision et caprices de vedettes (PHOTOS)

20/07/2014 11:27 EDT | Actualisé 20/07/2014 11:28 EDT
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Après les Galas très réussis de François Bellefeuille jeudi et Maxim Martin et Anaïs Favron, vendredi, Charles Lafortune nous a offert un autre grand cru, samedi, avec sa soirée sur les «Vedettes». La thématique a été explorée sous toutes ses coutures, le culte de la célébrité en a pris pour son rhume et les invités ne se sont pas gênés pour taper sur tout ce qui les dérange dans leur beau métier.

Lafortune a été le premier à faire preuve d’une grande autodérision. Introduit gentiment par quatre chanteuses de La voix et des danseuses habillées en hôtesses de l’air, il n’a ensuite pas tardé à s’aventurer plus loin dans le cynisme en se moquant de ses anciens projets, comme L’école des fans, Le cercle et La voix («Les familles me pleurent dessus. Je suis un bibelot!»), en relevant certaines questions étranges des gens qu’il croise dans la rue et même en parlant de son fils autiste («Trouvez-vous que je fais pitié? Les vedettes, ça aime ça, faire pitié!»). Il s’est même autoproclamé «fou de la reine» en désignant sa conjointe, Sophie Prégent, présidente de la «fourmilière» qu’est l’Union des artistes. «Je suis certain que la bipolarité a été inventée par et pour une vedette», a-t-il lancé.

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Juste pour Rire «Les vedettes»

Il a illustré son point de vue plus tard en suppliant presque le public d’aller «aimer» sa page Facebook, qui ne comptait samedi que 23 000 abonnés, dans le but de supplanter son grand rival, Éric Salvail, qui en avait… 123 000.

Délirants Denis

Philippe Laprise a brisé la glace en racontant, comme lui seul sait le faire, un incident qui lui est arrivé dans la toilette chimique d’un festival en région, lorsqu’il a échappé son téléphone cellulaire dans la cuvette et a dû déployer des trésors d’imagination pour l’en sortir. La foule, hilare, était suspendue à ses lèvres et en redemandait.

Guitare au cou, Phil Roy a axé sa prestation sur la musique en parlant notamment des chansons qu’on chante autour d’un feu de camp et au karaoké. Il s’est aussi payé la tête des participants aux téléréalités comme Star Académie et La voix en les taquinant sur leur «intensité» et a imprégné dans la tête des spectateurs un refrain de ritournelle «ver d’oreille», Tourtière d’amour. Tout le monde s’est époumoné avec lui.

Réal Béland a ramené son personnage de courriériste du cœur surexcitée du Sexe est dans l’enveloppe en lisant de fausses lettres de personnalités connues qui quémandent des conseils sur leur vie sexuelle, comme Jean-Luc Mongrain et Réjean Tremblay. Plus tard, Nawell Madani est venue donner un aperçu de son spectacle C’est moi la plus belge en comparant Beyonce aux «femmes ordinaires» et en expliquant comment les filles peuvent être «psycho» avec leur mec. La belle est extrêmement charismatique et on espère la revoir au Québec bientôt.

Très bonne idée de Martin Vachon que de démystifier les scènes de sexe au cinéma et à la télévision. Celui qui joue dans Mémoires vives et La galère, entre autres, était bien placé pour expliquer «comment ça se passe» (surtout pour les hommes). Il l’a avoué : oui, les messieurs peuvent avoir des érections lorsqu’ils tournent des images olé olé. «Du frottage, ça reste du frottage! Mon pénis n’est pas comédien. Il a deux émotions : content ou fâché!» Il a conclu son cours de septième art 101 en relatant comment les «émotions» de son membre l’ont déjà embarrassé, lorsqu’il était au lit avec Lucie Laurier. Martin Vachon s’avère un excellent conteur.

Les Denis Drolet avaient reçu le mandat de rendre hommage à quelqu’un, et ils ont choisi de s’honorer eux-mêmes. Évidemment, leur passage a été une suite de perles absurdes. Ils ont rebaptisé Charles Lafortune «le nouveau Réal Giguère», puis «Charles Latortue », ont ri des cheveux de Pénélope McQuade, ont fait tomber du ciel le costume du clown Slava’s Snowshow et ont envoyé promener Paul Arcand au téléphone. Le Denis barbu a aussi personnifié Yoan, de La voix, et Colette Provencher. Finalement, l’hommage n’était pas tellement émouvant, mais on en a rigolé un coup.

Wagner corrosif

Guillaume Wagner a tiré à boulets rouges sur les artifices du vedettariat dans une tirade très inspirée. Les vedettes dont le travail n’est pas toujours très ardu («Ma vie, c’est d’écrire des niaiseries et d’aller les dire devant des étrangers»), les caprices des stars («Marcher dans les coulisses du Gala, ici, c’est comme marcher dans un champ de mines, mais remplace les mines par des egos»), le caractère sage des participants aux concours musicaux télévisés («Tu pues les méritas, les tapes dans le dos et les parents pas divorcés. Qu’on m’amène Jean Leloup qui n’a pas pris sa médication!»), les privilèges des têtes connues («Une vedette, ça paye pas de ticket»), leurs excès («C’est comme les cyclistes du Tour de France, il y en a une couple qui sont clean, mais ils ne sont pas dans le top 50!») et leurs défauts («Ce sont des gens narcissiques et insécures»), tout y a passé, sans ménagement, sans complaisance. En gros, Wagner nous a martelé qu’on ne devrait pas «tripper sur les vedettes, parce qu’elles ne sont pas des bonnes personnes.» Et vlan.

On a poursuivi dans la veine corrosive avec Charles Lafortune et Stéphane Bellavance, qui remplaçaient soi-disant Jean-François Mercier et Mike Ward au pied levé. Ce n’était pas vrai; les deux animateurs «grand public» ont plutôt usé de ce prétexte pour se défouler, sacres sentis à l’appui. Et on a adoré les entendre s’exprimer! Ils ont badiné autour de Marcel Leboeuf et ses colliers de noisetier et Véronique Cloutier et sa collection de vêtements de L’Aubainerie, les chefs cuisiniers qui sont maintenant partout, comme les «nids de poule de la TV», et les politiciens qui recherchent à tout prix les caméras. «Maintenant, n’importe qui peut être une vedette, ça fuck l’écosystème!», a largué Lafortune. On en aurait pris encore plus!

En fin de piste, tous les artistes se sont réunis au son de Fireworks, de Katy Perry, pour lancer dans la salle des ballons sur lesquels étaient dessinés les visages de quelques-unes de nos têtes d’affiche préférées. Une façon de dire que, malgré tous leurs péchés mignons, on les aime quand même, nos vedettes.