DIVERTISSEMENT

«60 minutes avec... Mehdi Bousaidan, LIVE» au Zoofest: brillance dévolue (CRITIQUE/PHOTOS)

19/07/2014 11:27 EDT | Actualisé 19/07/2014 11:27 EDT
Courtoisie

Ceux qui l’ont vu à la finale d’En route vers mon premier gala ou à la barre des soirées qu’il animait à l’Abreuvoir savent très bien de quoi il est capable. Réfléchi, généreux et surtout très hilarant, le jeune Mehdi Bousaidan a parié gros vendredi soir en présentant son 60 minutes au Zoofest. Un pari qui, admettons-le, a connu un lent départ.

Il y a certes eu des moments très forts dans ce spectacle solo d’une heure, mais somme toute, les attentes étaient plus élevées et le spectacle gagnerait à être un peu plus raffiné.

Mehdi Bousaidan a fait une entrée différente de ce à quoi on est habitué en humour. Apparu dos au public et dans un éclairage sombre, l’humoriste s’est présenté accompagné d’une trame sonore. « Je m’appelle Mehdi Bousaidan, j’ai 22 ans. L’année dernière, j’ai été diagnostiqué… d’un gros rhume ». Sa présentation a été suivie par un numéro de breakdance. Toujours impressionnant de voir quelqu’un se tenir sur sa tête, mais le numéro avait-il sa place dans ce spectacle ?

Le jeune diplômé de l’École de l’humour a ouvert la soirée en parlant de voyages. Il a dit avoir énormément parcouru le monde et qu’il était content d’avoir fait du Québec son pays d’accueil. « Pour moi, après avoir voyagé aussi longtemps, le plus bel endroit au monde, ça reste… Barcelone. » Il a ensuite parlé de son passage en France, en Thaïlande, en Arabie Saoudite, à Haïti, en Allemagne et aux États-Unis.

Un numéro « ethnique »? « International » serait plus juste, car il ne tombe pas facilement dans les clichés. À l’intérieur de ce numéro, il proposera de refaire les classiques de Walt Disney, mais avec des personnages de race noire. « Blanche-Neige et les sept Haïtiens, avancera-t-il. C’est une petite blanche qui se promène dans le bois. Elle rentre dans une maison et il y a sept grands Haïtiens… OK, ce n’est peut-être pas une bonne idée ! »

Le numéro dans lequel il explique la recette pour « avoir une bonne chanson rap » est très fort et vient donner un deuxième souffle au spectacle. Un condensé de tous les talents de l’humoriste.

En deuxième partie, après une apparition qui a raté sa cible d’un des membres du groupe Dead Obies, Mehdi est revenu sur scène en personnage de Congolais venu parler d’un organisme qui lui tient à cœur. « L’organisme pour la survie des jeunes orphelins du Congo, que nous appelons aussi dans mon pays, l’armée », lance-t-il. L’humour noir à son meilleur, quoi !

C’est véritablement dans ces personnages que Mehdi score le plus. Bien à point, toutes ces apparitions ont quelque chose d’unique. Le professeur Arthur, qui donnera un cours d’histoire de l’art l’est tout aussi. Il est brillant, vif et drôle.

On le constate assez vite dans le spectacle, le souci de faire rire est grand chez Mehdi, mais l’humoriste parvient sans trop de difficulté à faire véhiculer un message en s’aventurant dans des thèmes plus délicats comme, par exemple, les enfants-soldats.

Entre-temps, il aura raconté son arrestation survenue à l’École de l’humour, qui avait forcé le déploiement de l’escouade tactique. Un numéro un peu long, mais qui saura tenir le public en haleine.

Bref, le premier 60 minutes de Mehdi Bousaidan était plein de bonnes intentions, mais celui-ci n’a malheureusement pas eu l’effet escompté. On pourrait dire que le très talentueux Mehdi a encore beaucoup à apprendre, mais ce serait faux que de se limiter à cette impression.

Il faudrait plutôt dire que les autres humoristes en ont beaucoup à apprendre de lui, son originalité étant sa plus belle qualité.

« 60 mintutes avec... Mehdi Bousaidan, LIVE » est présenté les 19, 26 et 27 juillet puis le 1er et 2 août au Studio Hydro-Québec du Monument-National.

INOLTRE SU HUFFPOST

60 minutes avec... Mehdi Bousaidan, LIVE
Gala Juste pour rire «Sexe opposé»