NOUVELLES

La junte thaïlandaise resserre encore plus l'étau autour des médias

19/07/2014 09:29 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:12 EDT

BANGKOK - Des détracteurs et des journalistes ont manifesté leurs craintes, samedi, à propos de la plus récente démarche du gouvernement militaire thaïlandais visant à resserrer son contrôle sur les médias en les empêchant de critiquer les activités de la junte, et menaçant de suspendre immédiatement la diffusion ou la publication de contenus violant cet ordre.

Le Conseil national pour la paix et l'ordre a publié une directive, vendredi soir, interdisant les critiques par quiconque, sur n'importe quel média, concernant les activités de la junte et de son personnel. L'organisme a également demandé aux dirigeants des médias et à «n'importe qui d'autre» d'éviter de diffuser du contenu interdit par le gouvernement militaire, y compris des nouvelles et des informations pouvant créer de la résistance contre la junte.

L'édit interdit également les entrevues d'intellectuels, d'ancien fonctionnaires ou d'anciens employés des tribunaux, des bureaux juridiques et d'organisations indépendantes qui pourraient «donner des opinions d'une façon qui pourrait aggraver le conflit, créer de la confusion au sein de la société, ou mener à l'utilisation de la violence».

Au dire du président de l'Association des journalistes thaïlandais, Pradit Ruangdit, l'ordre de la junte pourrait avoir un impact sur le droit de la population à accéder aux nouvelles et aux informations, et pourrait permettre aux autorités d'abuser de leurs pouvoirs.

L'ordre de vendredi est une version modifiée de deux précédents édits empiétant sur les libertés des médias émis par la junte après le coup d'État militaire du 22 mai. Peu de temps avant cela, l'armée, utilisant des dispositions découlant de la loi martiale, a ordonné la fermeture de 14 réseaux de télévision partisans — à la fois pro et anti-gouvernementaux —, en plus de près de 3000 stations de radio communautaires fonctionnant sans permis à travers le pays.

«Il s'agit fondamentalement d'un bâillon, et non pas seulement pour la presse, mais qui s'étend aussi à tous les habitants de la Thaïlande, particulièrement depuis que plusieurs utilisent désormais les médias sociaux pour exprimer leurs opinions», affirme pour sa part Sarinee Achavanuntakul, une militante des droits des médias en ligne.

Un porte-parole de la junte contacté par l'Associated Press n'a pas voulu commenter.

PLUS:pc