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Gaza: "Le cessez-le-feu est urgent et impérieux" (Fabius)

19/07/2014 04:59 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé samedi au Caire qu'un cessez-le-feu était "urgent et impérieux" à Gaza, réaffirmant son "soutien" à l'initiative égyptienne pour une trêve entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Mardi, l'Egypte, habituelle médiatrice dans les conflits entre le Hamas et Israël, avait tenté en vain de faire accepter un cessez-le-feu au Hamas. Deux jours plus tard, Israël lançait une offensive terrestre dans l'enclave palestinienne, où 316 personnes ont été tuées en 12 jours par l'armée israélienne.

Dénonçant un "bilan humain extrêmement lourd", M. Fabius a estimé un cessez-le-feu "indispensable" pour "faire cesser la spirale des violences et protéger les populations civiles". "Le cessez-le-feu est urgent et impérieux", a-t-il martelé.

"La priorité absolue est le cessez-le-feu mais il faut garantir une trêve durable" qui prenne en compte "les besoins d'Israël en termes de sécurité" ainsi que les demandes palestiniennes, a-t-il poursuivi, évoquant notamment les requêtes palestiniennes concernant l'entrée des biens et des personnes dans la bande de Gaza.

"Nous soutenons totalement les efforts de l'Egypte", a affirmé le chef de la diplomatie française, évoquant "le cessez-le-feu soutenu par la Ligue arabe et approuvé par la France".

En visite au Caire, M. Fabius a rencontré samedi matin le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, l'ex-chef de l'armée qui renversa l'islamiste Mohamed Morsi, chef d'Etat issu des rangs des Frères musulmans, proches du Hamas.

M. Fabius a affirmé avoir contacté des responsables turcs, qataris, américains ainsi que le président palestinien Mahmoud Abbas pour évoquer des solutions de sortie de crise, alors que M. Abbas avait demandé à Paris de contacter la Turquie et le Qatar pour convaincre le Hamas d'accepter une trêve.

Selon des responsables palestiniens, le Hamas insiste pour qu'Ankara et Doha, qui ont des relations très tendues avec l'Egypte, jouent un rôle dans les négociations.

"C'est du côté du Hamas que les choses bloquent. Il y a toute une série de contacts qui sont pris aujourd'hui avec tous ceux qui peuvent avoir une influence" sur le Hamas, "notamment les Qataris et les Turcs", a-t-il expliqué aux journalistes.

Le ministre français doit se rendre ensuite en Jordanie avant de rencontrer dans la soirée le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Au total, 318 Palestiniens, dont de nombreux femmes et enfants, ont été tués depuis le début le 8 juillet de l'opération israélienne "Bordure protectrice", qui a également fait plus de 2.280 blessés palestiniens.

Selon le Centre palestinien pour les droits de l'Homme, basé à Gaza, les civils représentent plus de 80% des victimes de l'offensive, lancée par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l'enclave.

Côté israélien, un civil a été tué et un soldat mortellement touché par un tir "ami".

Il s'agit du conflit le plus sanglant à Gaza depuis 2009.

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