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Écrasement en Ukraine: le missile n'était peut-être pas lié au système approprié

19/07/2014 09:22 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:12 EDT
DOMINIQUE FAGET via Getty Images
A single shoe is seen on July 19, 2014 at the wreckage of Malaysia Airlines flight MH17 two days after it crashed in a sunflower field near the village of Rassipnoe, in rebel-held eastern Ukraine. Ukraine and pro-Russian insurgents agreed on July 19 to set up a security zone around the crash site of a Malaysian jet whose downing in the rebel-held east has drawn global condemnation of the Kremlin. Outraged world leaders have demanded Russia's immediate cooperation in a prompt and independent probe into the shooting down on July 17 of flight MH17 with 298 people on board. AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET (Photo credit should read DOMINIQUE FAGET/AFP/Getty Images)

LONDRES - Si des rebelles prorusses ont abattu l'avion de Malaysia Airlines qui s'est écrasé jeudi en Ukraine avec 298 personnes à bord, c'est peut-être parce qu'ils n'avaient pas l'équipement nécessaire pour distinguer un avion civil d'un avion militaire, ont estimé des experts samedi.

Des responsables américains ont indiqué, vendredi, que le Boeing 777 avait probablement été abattu par un missile SA-11 tiré d'une région de l'Ukraine contrôlée par des séparatistes prorusses.

Pour fonctionner correctement, un lance-missiles SA-11, aussi connu sous le nom de système Buk, doit être relié à un radar central de commandement — plutôt que de fonctionner de façon autonome — pour être sûr de savoir exactement sur quel type d'avion il tire.

D'après les informations obtenues jusqu'à maintenant, les rebelles en Ukraine ne semblent pas disposer d'un tel système, a souligné Pavel Felgenhauer, un spécialiste réputé des affaires militaires qui écrit des chroniques dans le journal moscovite «Novaya Gazeta», une publication reconnue pour ses positions critiques envers les affaires russes.

Selon M. Felgenhauer, les rebelles pourraient avoir fait une erreur tragique en confondant un avion civil avec un avion militaire.

Vendredi, l'agence de presse russe RIA Novosti a cité Konstantin Sivkov, directeur de l'Académie des problèmes géopolitiques, qui a affirmé que les missiles Buk devraient être fournis avec des systèmes externes d'identification des cibles, c'est-à-dire des systèmes de radiolocalisation.

«Il s'agit d'un système complet. Et les insurgés ne disposent certainement pas de systèmes de radiolocalisation».

Si un missile a été tiré sans aucune tentative d'identifier l'avion, la destruction du vol 17 de Malaysia Airlines serait un acte de négligence criminelle, a estimé Robert Latiff, ancien major-général de l'armée de l'air américaine. Il a souligné que les vols commerciaux opéraient sur leurs propres fréquences radio et émettaient des signaux qui les identifient et indiquent leur altitude et leur vitesse.

«Il ne semble pas que les séparatistes aient utilisé tout cela, ni même tenté de le faire, a affirmé M. Latiff. Mon hypothèse, c'est que le radar du système a vu passer un gros avion à 10 000 mètres d'altitude et qu'il a tiré automatiquement, ou alors qu'un opérateur agressif ou impatient a tiré en ne voulant pas manquer sa chance. Il ne semble pas qu'ils aient tenté d'obtenir des informations additionnelles avant de tirer.»

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