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Écrasement: l'Ukraine accuse la Russie de participer à la destruction de preuves

19/07/2014 07:30 EDT | Actualisé 18/09/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - L'Ukraine a accusé samedi la Russie d'aider les rebelles prorusses de l'est du pays à détruire des éléments de preuve liés à l'écrasement, jeudi d'un avion de la Malaysia Airlines abattu en territoire séparatiste — une accusation rejetée par les rebelles.

Alors que les corps d'une dizaine de victimes gisaient sur le côté d'une route cuisant sous le soleil d'été, des observateurs internationaux se trouvant sur le site de l'écrasement ont affirmé que leur travail était toujours dérangé par des rebelles lourdement armés. «Certains des sacs mortuaires sont ouverts et les dommages aux corps sont très, très importants. Il est difficile de les regarder», a déclaré le porte-parole Michael Bociurkiw à des journalistes contactés par téléphone, avant d'ajouter qu'il était impossible d'ignorer l'odeur des cadavres en décomposition.

M. Bociurkiw a précisé que la délégation de 24 personnes avait obtenu un accès plus important au site de l'écrasement, samedi, mais que leurs mouvements étaient toujours limités par les rebelles. Le site s'étend sur 20 kilomètres carrés, à travers des champs de tournesols et de blé entre deux villages de l'Est ukrainien. «Nous devons faire attention avec nos mouvements, en raison de toute la sécurité. Nous sommes des civils sans armes, alors nous ne sommes pas en position d'argumenter avec des gens portant des armes lourdes.»

Le vol 17 en provenance d'Amsterdam et dirigé vers Kuala Lumpur transportait 298 personnes de 13 nationalités lorsqu'il a été abattu jeudi, près de la frontière russe, une région où se sont déroulé la majorité des affrontements entre les troupes gouvernementales et les séparatistes prorusses depuis des mois.

Lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, les États-Unis ont accusé les séparatistes, affirmant que Washington croyait que l'avion de ligne avait vraisemblablement été détruit par un missile SA-11, et que «nous ne pouvons pas exclure la possibilité de la participation de techniciens russes».

De son côté, le gouvernement de Kiev soutient que les rebelles ont retiré 38 corps de l'épave et les ont transportés dans la ville rebelle de Donetsk. Ces corps auraient été emmenés avec l'aide de spécialistes à l'accent distinctement russe. Les rebelles «recherchent également des moyens de transport conséquents pour envoyer des fragments de l'avion en Russie», a poursuivi samedi l'État ukrainien.

À Donetsk, le leader séparatiste Alexander Borodaï a nié que des corps aient été transférés, ou que les rebelles soient intervenus de quelque façon que ce soit dans le travail des observateurs. Il a plutôt dit encourager l'implication de la communauté internationale dans les opérations de nettoyage avant que les cadavres ne pourrissent encore davantage.

L'Ukraine a par ailleurs demandé à Moscou d'insister pour que les rebelles permettent la tenue d'une enquête internationale en profondeur sur la destruction de l'avion, reprenant ainsi une exigence du président américain Barack Obama.

«L'intégrité du site a été compromise, et il y a des indications que des preuves essentielles n'ont pas été maintenues en place», a indiqué le ministre malaisien des Transports Liow Tiong Lai lors d'une conférence de presse à Kuala Lumpur. Il a par ailleurs réclamé un accès immédiat pour les inspecteurs malaisiens afin que ceux-ci puissent récupérer les corps.

Quant à l'emplacement des boîtes noires, le mystère le plus total plane toujours et le leadership rebelle assurait vivement samedi que les forces séparatistes ne les avaient pas retrouvées. Leur contenu ne risque cependant pas d'aider grandement à l'identification du moyen employé pour abattre l'avion de ligne. Les preuves les plus flagrantes risquent plutôt de se trouver au sol, si des morceaux de missiles se trouvent parmi les débris de l'appareil, avance John Goglia, un expert américain en sécurité aérienne.

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