DIVERTISSEMENT

Festival Juste pour rire 2014 : Olivier aurait été fier du spectacle «Un peu, beaucoup, passionnément» du Cirque Éloize

18/07/2014 04:36 EDT | Actualisé 19/07/2014 08:03 EDT
Vivien Gaumand

C’est un beau coup que Juste pour rire a réussi en parvenant à attirer le Cirque Éloize sur son site pour son 32e Festival. Et c’est un grand défi pour la troupe de Jeannot Painchaud que de se produire sur une toute petite scène, à l’extérieur, devant un public qui, parfois, va et vient, sans être nécessairement attentif. Sans compter le fait qu’on se retrouve ainsi à la merci de la température.

Mais le spectacle Un peu, beaucoup, passionnément, présenté encore deux soirs sur la Scène Vidéotron de la Place des Festivals, remplit agréablement ses promesses. L’hommage à Olivier Guimond est visuellement magnifique, par moments impressionnant et très touchant, et ce, même s’il ne repose sur aucun dialogue. Jeudi, lors de la première, la foule a retenu son souffle à quelques reprises. Et Olivier Guimond méritait bien ça. Parce que, le showbiz et le divertissement, «lui, y connaissait ça».

Trampoline et jonglerie

Les metteurs en scène Michel Courtemanche et Anita Bombita ont donc concocté une prestation où un Olivier Guimond personnifié admirablement par Antoine Vézina est en quelque sorte le témoin de sa propre vie, ici évoquée avec les prouesses de cirque. Tantôt, Olivier observe avec naïveté une femme se changer derrière un paravent, dans sa loge. De jeunes dames se contorsionnent avec grâce et élégance sur le trapèze, leurs robes mauves scintillant dans les halos de lumières de la même teinte. Une autre demoiselle se déploie doucement sur un banc devant un écran de tempête de neige.

Là, le couple est symbolisé par un homme et une femme qui s’éclatent sur le mât chinois. L’Olivier Guimond qui «voit double et voit trouble», comme dans la chanson, se prête à une danse à claquettes endiablée, et celui pris de vertige devant le tourbillon du succès, au son de La vie en rose, s’envole dans un cerceau.

Puis, Manda Parent et Olivier jonglent avec des rouleaux à pâtisserie et se déplacent en pirouettant, pastiche survolté du sketch passé à l’histoire Trois heures du matin, alors que, plus tard, trois acrobates se projettent sur le mur à partir d’un trampoline, version 2014 de la saynète du Bye Bye 1970 et son soldat de Westmount. C’est ce dernier numéro, dynamique, époustouflant, que nous avons préféré. On suggère aussi l’époque, par exemple, en montrant Olivier tranquillement assis dans un bar enfumé.

Omniprésente dans le collage, la musique porte l’émotion et compense l’absence de paroles. Un instant, c’est festif, l’instant d’après, c’est planant. On est autant dans l’euphorie que dans la poésie.

Vézina sublime

Des extraits d’archives insérés ponctuellement à travers les tableaux nous permettent de nous situer dans «l’intrigue», même si Un peu, beaucoup, passionnément n’a rien de linéaire et que ses différents panoramas peuvent être interprétés de maintes façons. On n’entendra le son qu’en arrière-plan, sauf pour quelques répliques mythiques, comme le fameux échange «Belle heure pour arriver, belle heure pour faire des tartes!» d’Olivier et Manda Parent, qui résonne dans l’air de la Place des Festivals comme un chaleureux souvenir.

Dans la peau de Guimond, Antoine Vézina est sublime. Même sans parler, il arrive à nous faire ressentir les sentiments qui ont habité le comique pendant toute sa vie : le plaisir de jouer, l’insécurité, le doute, l’humilité, l’amour des femmes. En l’apercevant avec son éternel veston, sa cravate, son chapeau juché maladroitement sur la tête et son air un peu perdu, on se dit qu’il n’y a pas d’erreur, que c’est bien Olivier Guimond qui est devant nous. Vézina a le physique et les mimiques pour rendre justice à la légende.

Un peu, beaucoup, passionnément est encore présenté sur la Scène Vidéotron du Festival Juste pour rire, vendredi le 18 et samedi le 19 juillet, à 21h.

Hahaha.com pour informations.

INOLTRE SU HUFFPOST

Festival Juste pour rire 2014: les festivités dans la rue