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Syrie : l'ONU parvient à entrer dans une localité assiégée proche de Damas

18/07/2014 12:31 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

L'ONU a annoncé vendredi être parvenue à entrer à Mouadamiyat al-Cham, une localité proche de Damas assiégée par les autorités, pour distribuer de l'aide à des milliers de personnes, ce qu'elle n'avait pas pu faire depuis début 2012.

Selon une porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, Elisabeth Byrs, la distribution de vivres dans cette localité située à 8 km au sud-ouest de la capitale syrienne, se poursuivait depuis le 14 juillet.

Jusqu'à présent, "un total de 2.900 rations alimentaires ont été distribuées" à 14.500 personnes, a-t-elle expliqué.

L'opération devait initialement durer quatre jours mais les agences de l'ONU ont décidé de la prolonger trois jours pour venir en aide à un plus grand nombre de personnes.

"Il s'agit d'une percée significative dans l'amélioration de l'accès humanitaire", a déclaré un porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Chris Tidey, au cours d'un point de presse à Genève.

"Les conditions de vie à Mouadamiyat sont extrêmement dures et des rapports font état de personnes mortes à cause de la famine", a-t-il déploré. Ces informations, a-t-il ajouté, n'ont toutefois pas pu être vérifiées.

"Des rapports font également état d'enfants recrutés par des groupes armés à Mouadamiyat", a ajouté M. Tidey, sans donner de chiffres.

C'est la première fois, depuis début 2012, que l'ONU parvient à distribuer de l'aide dans cette localité de 20.000 habitants.

Mais "l'aide est si maigre qu'elle ne sera pas suffisante pour les habitants de la localité", a affirmé à l'AFP un militant, Nour Bitar, joint via internet.

Selon lui, depuis la trêve, un grand nombre d'habitants ayant fui la ville sont revenus. Mais, seuls les étudiants et les fonctionnaires peuvent sortir et rapporter de la nourriture à leur famille, qu'ils vont acheter dans un marché à proximité où les prix sont élevés. Ils ne peuvent pas aller plus loin par crainte du danger et de nombreux postes de contrôle.

Il assure que depuis la trêve, la vie ne s'est pas améliorée. "Le cessez-le-feu était une nécessité mais (...) si au début de la trêve, il y avait plus de souplesse (concernant les déplacements à l'extérieur), cela s'est réduit progressivement et peut être que cela va complètement cesser".

L'Unicef estime que quelque 9.200 enfants habitant à Mouadamiyat ont "désespérément" besoin d'une aide médicale et nutritionnelle, ainsi que de services en matière d'hygiène.

De la nourriture et des barres de savon ont notamment pu être distribuées aux familles et aux enfants depuis le début de la semaine, mais l'Unicef déplore que le gouvernement syrien n'ait pas autorisé l'agence onusienne à faire parvenir des médicaments destinés aux enfants.

Mouadamiyat al-Cham est l'une des localités de la province de Damas qui observe une trêve avec le régime depuis décembre dans le but de recevoir des aides et d'obtenir la levée du siège.

En Syrie, la moitié de la population souffre de la faim, 6,5 millions de personnes étant en outre victimes d'insécurité alimentaire sévère et ne pouvant pas survivre ou alimenter leur famille sans une aide extérieure, d'après les Nations unies.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté lundi une résolution autorisant les convois humanitaires à passer sans l'accord de Damas par les frontières extérieures de la Syrie (avec la Turquie, la Jordanie et l'Irak) en utilisant un "mécanisme de contrôle" afin de confirmer la nature humanitaire des cargaisons.

Mais vendredi, les agences humanitaires de l'ONU n'étaient toujours pas en mesure d'expliquer comment ce "mécanisme" allait fonctionner.

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