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Obama exhorte à un cessez-le-feu et une enquête immédiate en Ukraine

18/07/2014 08:04 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Des leaders mondiaux ont appelé à un cessez-le-feu immédiat dans l'est de l'Ukraine, vendredi, et ont réclamé un accès rapide des enquêteurs internationaux au site de l'écrasement de l'avion de ligne malaisien.

Équipes de secours, policiers et même des mineurs de charbon — vêtus de salopettes et couverts de suie — ont parcouru les débris dispersés dans des champs de tournesol et des villages ukrainiens, vendredi, au lendemain du tragique écrasement d'un avion malaisien, transportant 298 personnes. En mi-journée, 181 corps avaient été repérés, selon les équipes de secours sur les lieux.

L'avion de Malaysia Airlines aurait été abattu jeudi au-dessus de l'est de l'Ukraine, selon les autorités ukrainiennes, mais le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses nient toute responsabilité dans l'écrasement de l'appareil.

Le président américain Barack Obama a déclaré vendredi que les indices laissent croire que l'avion a été abattu par un missile sol-air à partir d'un secteur contrôlé par des séparatistes soutenus par la Russie. Il a souligné, devant les médias à la Maison-Blanche, que les rebelles avaient déjà abattu des appareils dans la région, ajoutant qu'un «flot constant de soutien de la part de la Russie» avait inclu des armes lourdes et des armes antiaérienne.

M. Obama a appelé à un cessez-le-feu immédiat pour permettre une enquête internationale exhaustive. Des responsables du FBI et de l'agence fédérale de la sécurité des transports sont en route pour l'Ukraine afin d'aider à déterminer les circonstances du drame, a dit M. Obama. Il a prévenu que les éléments de preuve ne devaient pas être compromis alors que s'amorcera une enquête soutenue par les Nations unies, ajoutant: «Nous allons nous assurer que tous les membres, incluant la Russie, respectent leur parole» dans l'accès au site de l'écrasement.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé un texte appelant à «une enquête internationale indépendante complète et exhaustive» lors d'une rencontre d'urgence, appelée par la Jordanie. Le Conseil a appelé à une enquête «en respect des règles de l'aviation civile internationale et à une reddition de comptes appropriée». Il a souligné la nécessité d'un «accès immédiat pour les enquêteurs au site de l'écrasement pour déterminer la cause de l'incident».

L'ambassadrice américaine Samantha Power a affirmé vendredi que les États-Unis estiment qu'un missile SA-11 a été tiré à partir d'un secteur contrôlé par des séparatistes prorusses s'étant félicités précédemment de l'obtention de tels missiles.

«Si effectivement, des séparatistes soutenus par la Russie sont responsables de cette attaque sur un avion commercial, leurs supporteurs et eux-mêmes auraient de bonnes raisons de dissimuler la preuve de leur crime, a affirmé Mme Power lors d'une rencontre d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Ainsi, il est extrêmement important qu'une enquête soit amorcée immédiatement.»

«La Russie peut mettre fin à cette guerre, a dit Mme Power. La Russie doit mettre fin à cette guerre.»

Le président russe Vladimir Poutine a appelé à un cessez-le-feu, vendredi, et a exhorté les deux camps à tenir des pourparlers de paix aussi vite que possible.

La veille, M. Poutine avait blâmé l'Ukraine pour l'écrasement, disant que le gouvernement à Kiev était responsable des perturbations dans les régions de l'est de l'Ukraine. Mais il n'a pas accusé l'Ukraine d'avoir abattu l'appareil et n'a pas abordé la question clé à savoir si la Russie avait fourni aux rebelles un missile assez puissant pour commettre un tel geste.

Des rebelles séparatistes qui contrôlent le secteur où s'est écrasé l'appareil ont émis des informations contradictoires, vendredi, sur les boîtes noires de l'appareil, présentant des implications majeures pour l'intégrité de l'enquête.

Un chef des rebelles, Alexander Borodai, a affirmé qu'aucune boîte noire n'avait été retracée, disant espérer que les «experts» les retrouvent et éclaircissent les circonstances du drame. Il a indiqué que 17 représentants de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et quatre experts ukrainiens s'étaient rendus dans ces zones contrôlées par les rebelles pour amorcer une enquête.

Plus tôt vendredi, un conseiller du chef militaire du groupe d'Alexander Borodai avait affirmé que les rebelles avaient récupéré huit des douze dispositifs d'enregistrement. Étant donné que les avions ont généralement deux boîtes noires — une pour enregistrer les données de vol et l'autre pour les voix dans la cabine —, on ignorait à quoi faisait référence les douze enregistrements.

L'Ukraine, dont les enquêteurs n'ont pas accès au secteur, a appelé à la tenue d'une enquête internationale pour déterminer qui était responsable de l'attaque sur l'appareil, et les États-Unis ont offert leur aide.

L'appareil Boeing 777-200ER, qui avait quitté Amsterdam à destination de Kuala Lumpur, semble s'être désintégré avant l'impact et des débris fumants — incluant des restes humains et des objets appartenant aux passagers — se sont répandus sur un large périmètre.

Le site de l'écrasement s'étend dans des champs entre deux villages dans l'est de l'Ukraine et l'accès demeure difficile et dangereux. La route à partir de Donetsk, la plus grande ville dans la région, jusqu'au site comptait vendredi cinq points de contrôle rebelles, nécessitant des vérifications chaque fois.

Des combats semblaient perdurer à proximité. Au loin, le son de lanceurs de missiles Grad pouvait être entendu.

Malaysia Airlines a indiqué que les passagers incluent 189 Néerlandais, 29 Malaisiens, 27 Australiens, 12 Indonésiens, neuf Britanniques, quatre Allemands, quatre Belges, trois Philippins, de même qu'un Canadien et un Néo-Zélandais.

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